Le soleil tourne autour de la terre…! Méfiez vous des évidences

Le rating des Etats européens sauf Allemagne et sa zone économique est abaissé. Avec perspective négative. Celui des USA l’ était déjà. Aucun effet apparent sur les marchés: actions et obligations s’ améliorent. Comme toujours, c’ est le « fait accompli ». Grâce à l’ « erreur » commise par SPII le 10/11 en l’ annonçant prématurément, c’était déjà dans les cours. Bon boulot pour éviter les chocs. D’où les cocoricos en France pour expliquer qu’ il s’agit d’ un non événement. En plus,  les accords de swaps entre la BCE et la Fed, et les rachats d’ emprunts publics Italiens et Espagnols par la BCE ( le SMP), entraînent une embellie sur les taux et les souscriptions aux nouvelles émissions. Tout baigne pour le moment, tant que la BCE aura encore de la  place dans son bilan pour y loger des créances dont les marchés ne veulent pas.

Aux USA, l’ année électorale commence. La Fed y participe.  Un QE 3 est clairement dans les cartes, comme le SMP en Europe. C’est la meilleure explication de la petite reprise boursière. L’ injection de crédits publics a toujours stimulé la bourse. Même si le chômage et les prix de l’ immobilier (le pilier du patrimoine des ménages) demeurent dans le creux sans reprise en vue. Mais cela crée un effet richesse qui peut rapporter des voix au candidat sortant.

Nous avions indiqué que les indices avaient un peu de place pour remonter. A Paris, un CAC vers 3400 est l’ objectif. On peut y arriver très vite. Mais, ….

1 : l’ analyse graphique continue d’ anticiper un retour vers les plus bas de 2009 sur le CAC et sur Wall Street. Et les volumes ne montrent toujours pas de retour des vrais investisseurs vers les actions. Ils demeurent  inexistants à moins de 2,8 milliards/jour à Paris; même situation à New York. La hausse actuelle parait encore artificielle , un « bull trap ». Les salles de marché essayent de créer de l’ agitation pour faire des commissions. C’est leur métier… De plus les banques demeurent fragiles, à la merci de la moindre rumeur.  La recapitalisation d’ Unicrédit s’ est mal passée, ce qui augure mal des autres. Et la revente de RBS par le gouvernement Britannique ne se passe pas du tout. Les marchés ne monteront pas durablement sans le secteur bancaire, et ce n’ est pas fait.

2 / les QE et autres outils de la panoplie des Banques centrales ne changent pas la réalité. Comme « l’ erreur » de SPII le 10/11 dernier, ils permettent seulement d’ amortir les chocs. Mais pas d’ inverser les tendances qui ressortissent des lois de l’ économie et du rapport des forces sur les marchés. L’endettement est toujours insupportable et hors contrôle pour les consommateurs et les Etats. Il faut le diminuer. C’est la condition d’une reprise de la croissance. Seule l’ Allemagne tient son budget public sous contrôle, les autres essayent seulement de réduire leur déficit.

3 ; La dépression diminue les recettes fiscales et le chômage tétanise les consommateurs qui reviennent aux vieux principes de l’ économie ménagère: épargner.  Seule une reprise des investissements , et non pas de la consommation permettrait le retour à une croissance. Elle viendra automatiquement car les équipements finissent par s’user, et les nouvelles technologies les rendent obsolescents. Mais pour l’ accélérer, il faudrait la volonté politique d’ en faire le choix, comme l’ Allemagne de Mr. Schröder qui en accepta le prix électoral, ou celle de Mr. Kohl qui sut convaincre ses électeurs de faire les efforts importants pour reconstruire l’ Allemagne de l’ Est. Les fruits furent longs à murir, mais ils sont là.  A contrario, le discours électoral en France et aux USA  ne va pas dans ce sens, et les programmes du genre « tax and spend » fleurissent partout. C’est donc en 2013 au plus tôt que le monde Atlantique s’ y attellera . Peut-être. Avec le secours de l’ inflation. Peut-être. Et sous la contrainte de ses créanciers asiatiques et Moyen Orientaux. Sauf si ceux-ci avaient un pressant besoin de protection contre une guerre. Cela explique la bonne tenue du $. C’est pourquoi ce risque doit rester en vue,  cygne noir (voir notre post) dont nous parlons depuis 3 mois. Il est improbable que l’ embargo contre les ventes de pétrole par l’ Iran n ‘entraîne  pas des conséquences militaires. Comme celui contre le Japon en 1941 (rappel:  après que celui-ci eut pris l’ Indochine, les USA le mirent sous embargo pétrolier; on connait la suite). Les cours baissent toujours quand la guerre menace; on n’ achète qu’ au son du canon. 

Conclusion: il n’y a toujours pas de signe de reprise économique en Occident. Les grandes multinationales font leurs profits sur les zones en croissance de l’ Asie, Afrique et Amérique du sud. Même si les cours actuels semblent caractéristiques des sorties de crise boursière, il est probable qu’ on verra des cours beaucoup plus bas à l’ occasion d’un dernier krach.  Nous restons incrédules devant l’ embellie actuelle: elle nous semble faite à la main pour un usage médiatique. 

 

 

 

 

Ce blog est, en fait, un bulletin de liaison pour nos anciens clients et nos  amis. Il a pour but de continuer, sur une base amicale, à les aider dans la gestion de leurs avoirs, institutionnels (caisses de retraite) ou personnels. A la différence d’une Sicav ou d’ un fonds, nous y justifions par avance nos décisions stratégiques (plutôt le long terme) et tactiques (saisir les bonnes occasions s’il s’ en présente).  Ses analyses politiques s’ inscrivent dans cette problématique: comment protéger nos avoirs dans un monde dangereux, et mieux encore, comment les faire prospérer?

 

 

La politique en soi n’ est donc pas notre propos. Seulement ses conséquences sur nos placements.

 

Trois contraintes lourdes pour 2012:

La première: la crise financière mondiale s’ aggrave. La rémission est encore loin.  Les marchés interbancaires d’ Europe demeurent fermés et les banques semblent tricardes dans le monde entier.  La BCE est la seule présente pour assurer la contrepartie, avec des accords avec la Fed pour leur procurer des $. De grands noms sont en péril et chacun attend l’ annonce d’ une catastrophe chaque vendredi soir. La situation des banques chinoises fait l’ objet d’interrogations, et celle des banques US ne vaut guère mieux.  Le fait d’ avoir prévu (mais pas publié) à Bâle  une liste des banques TBTF (too big to fail) ne rassure pas, au contraire. Car les gouvernements n’ ont plus les moyens de les renflouer. De plus il y a clairement une lutte entre le $ et l’ € . Leur parité est un énorme problème pour tous, qui n’ a pas de bonne solution en ce moment. Si l’ € baisse trop, l’ industrie US souffre et aurait intérêt à le soutenir. Mais s’ il est solide, c’ est la suprématie du $ comme monnaie de réserve ultime qui est en cause. Enfin aux USA, Wall Street et le complexe militaro-industriel ont encore le champ libre pour refuser toute réforme monétaire jusqu’ en Novembre.

La deuxième: la crise économique dans le monde Atlantique n’ est pas terminée. Parce que elle n’ a pas encore produit tous ses effets. Ils ont été retardés par l’ interventionnisme des dirigeants politiques en mal d’ élection/réélection.  Le soutien à la consommation aux dépens des investissements permet de gagner du temps en termes électoraux; pas en termes d’ efficacité. La destruction créatrice est retardée, voir le feuilleton Sea France. Mais les lois de la nature s’ appliquent quand même, les effets des potions magiques ( à base de QE et autres subventions) auront des effets aggravants. Et socialement explosifs ? Les consommateurs ne songent qu’ à rembourser leurs dettes; les Etats aussi. Le retour à des taux d’ épargne normaux pour le secteur privé et pour les Etats n ‘est pas encore en vue. C’est pourtant lui qui, comme toujours, signera le début de la reprise économique. Il y faut du temps.

Accessoirement, la France devient un mauvais risque politique.  Parce  qu’il ne semble pas que le challenger du Président sortant et ses soutiens aient compris la situation; leur culture reste encore celle des années 1980: Etat providence et « tax and spend », à quoi s’ ajoute leur difficulté traditionnelle à comprendre les techniques de l’ industrie et de l’ économie modernes, et les enjeux de leur (et notre) temps. De même  qu’ ils refusaient la motorisation de l’ armée en 1938 ou une politique du logement en 1956, ils refusent  l’ énergie nucléaire. Ainsi que la modernisation de la fiscalité du travail par la TVA; ou la règle d’or pour contenir  l’ endettement. La crainte de leur éventuel succès entraînera donc jusqu’ en Avril prochain, la baisse du rating du « Standort Frankreich ».  Déjà commencée pour Areva, EdF et leurs soustraitants. (L’expression allemande n’ a pas de parfaite traduction en français ni en anglais, on peut dire: le site de production français; par opposition aux délocalisations).

La troisième: L’ analyse technique des marchés confirme ces observations. Elle annonce un retour du CAC sur 2400. Pour la 4ème fois depuis 2009. Donc cette fois, ce plancher risquerait d’être cassé jusqu’ à 1500 dans une panique si un cygne noir survient. Nous l’ avons déjà annoncé dans ce blog (relisez ce titre). Les autres marchés sont à peine mieux disposés. Ce chiffre serait d’ ailleurs une formidable occasion d’achat d’ actions bradées car la France ne peut pas sortir de l’ ensemble Europe/Atlantique et devra s’ adapter, comme elle l’ a fait en 1984 après des nationalisations et dévaluations surprenantes en fin du XXème siècle…. Après la pluie vient le beau temps. Mais il ne faut pas l’ anticiper à ce jour.

Trois bonnes raisons de conserver la plus grande prudence. Même les entreprises à gros rendement garanti sont vulnérables en France:  une nouvelle fiscalité peut anéantir leur formation de FCF et surtaxer leurs dividendes; donc renchérir le coût de leur financement. Et si la guerre éclate (dans l’ océan indien ?), rappelons-nous que Wall Street a chuté de 1939 à 1943, puis avec la guerre du Viet Nam.

Que reste-t-il pour placer son argent ?

Les obligations privées valent déjà mieux que la plupart des bons des trésors. Mais l’ inflation devrait démarrer dès qu’ une reprise de l’ emploi sera signalée. Nous n’ aurons pas le temps d’ en sortir avant le krach obligataire inévitable en raison des très faibles rendements actuels. Parier sur le meilleur rendement (5 à 7% à moins de 7 ans)  de certains PIIGS est peut-être une bonne idée ? Mais c’est un pari sur l’ unité européenne et sur le courage du personnel politique…. En ce moment, les banques françaises font les pieds au mur pour éviter un hair cut supplémentaire sur les emprunts grecs. Mais déjà le Crédit Agricole a du renflouer sa filiale Emporiki de 2 milliards pour lui éviter une fermeture qui lui en aurait coûté 8 de provisions sur ses propres créances.  Les américains ne vont pas les y aider et pourtant l’ activation des CDS émis par Goldman Sachs remettrait AIG et les banques US en péril. La situation demeure confuse. S’abstenir, ce que font les banques: elles  replaçent leurs liquidités à la BCE chaque fin de semaine plutôt que de se refinancer mutuellement.

Les actions ? beaucoup sont  déjà à des PER de panique, entre 5 et 8. Ce sont des chiffres qui caractérisent les creux boursiers. Mais le marché craint que leurs bénéfices ne soient affectés par la crise qu’ ils croient mondiale. A tort. Nos amis connaissent la liste de nos préférences. Dans le cas d’une inflation soudaine et forte, leurs actifs se réévalueront. En 1939, c’ était le pari à prendre, tout comme en 1914. Et en attendant, elles prospèrent sur les zones de développement que sont l’ Asie, l’ Afrique et l’ Amérique du sud. En fait la crise économique est loin d’ être mondiale: nos constructeurs d’ autos,  L ‘Oréal, Faurecia, Michelin, ou Nestlé ou Siemens ou LVMH font déjà la majeure partie de leur chiffre d’ affaires sur ces régions en croissance. Le vrai risque est une dépression  en Asie. On n’ y est pas, même si on passait de 9%/an à seulement 5% (chiffre français de la période De Gaulle-Pompidou).

L’ or présente actuellement une analyse graphique négative. Une consolidation de sa hausse depuis 2003 est en cours. Elle peut le ramener vers 1300$/once. Et en cas de pénurie de liquidités, beaucoup plus bas. Car les spéculateurs acculés par des appels de marge, vendront tout ce qu’ ils peuvent, y compris leur Porsche… comme dans tous les krachs. Ce serait alors une bonne occasion d’ achat. Car il est manifeste que la diplomatie US n’ a pas réussi à en faire une relique barbare et qu’ il restera au centre du futur système monétaire international, quand il sera possible de l’ acter comme à Bretton Woods. Aux dépens de l’ Europe, sans doute.

De l’ immobilier en vue de le louer?  Oui, mais avec un crédit remboursé par ses loyers après fiscalité. Si l’ inflation démarre, les échéances (à taux fixe bien sur),  seront remboursées en timbres poste comme disaient les vendeurs d’immobilier dans les années 50 où le franc était une monnaie de singe et les taux artificiellement bas; puis à nouveau en 1984 après la baisse des taux suite au courage de Mr. Volcker !  Notez la  même configuration politique en France à ces deux moments; va-t-elle se reproduire? Là encore, l’ expérience historique est parlante. Attendre pour acheter, mais pas pour vendre, car en période de crise, les acheteurs peuvent se faire rares. Comme en 1981 où tout était bradé.

Une conclusion: il y aura de bonnes occasions dans les prochains mois pour acheter sur une panique. 

Dans le doute, une règle de base : en période de crise, cash is king. 

 

L’ avenir n’ est pas totalement imprévisible. Les réalités d’ aujourd’hui annoncent la suite. Mais qui veut bien les voir, lors qu’ elles contredisent le « consensus » ambiant ? Cassandre a toujours politiquement tort. Une belle carrière se fait aussi par la soumission aux règles, dont la 1ère est d’ approuver les idées du chef . Et tous les chefs ne prennent pas modèle sur Churchill. Ils préfèrent bêler la vieille chanson de 1937: « tout va très bien, Madame la Marquise… ». C’est plus utile pour les élections. C’est vrai aussi dans les grandes organisations.

Ici, nous n’avons pas cette contrainte de la politique maison ni du « sell side ». Notre rôle,dans la gestion des avoirs de nos clients, est de crier au fou et au risque alors que tout le monde s’ accorde pour dire le contraire. Vous trouverez la pensée unique dans tous les media; elle s’ assimile à de la propagande.

Notre but: la réflexion.  Elle peut se tromper, mais elle s’ appuie sur des faits que chacun peut vérifier. Et 2+2 finissent pas faire 4. …

Quelques faits de 2011 à analyser pour en comprendre les conséquences: paniques boursières à répétition, marchés obligataires en perdition, fermeture des marchés interbancaires, gouvernements démocratiques remplacés par celui de technocrates et manifestations de masses vaines et désespérées, profits gigantesque de la sphère financière, chômage massif dans la zone € (sauf en Allemagne), et aux USA . Enfin rôle de décideur pris par la zone Asie Pacifique contre le monde Atlantique dans les grandes affaires économiques.

Relisez nos posts de 2011. Sur l’ horizon de gestion d’une fortune privée, nous demeurons négatifs, comme fin 2010. Mais il peut y avoir des aller/retours fructueux quand les marchés s’ affolent. Car ses propres forces de rappel vont permettre de faire un profit rapide à court terme. Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas s’y risquer, l’ abstention est quand même une sage solution.

Pour faire une synthèse: il y a pléthore de bonnes nouvelles fondamentales. Enfin. Mais la cure sera pénible. 

 

1ère bonne nouvelle : la prise de conscience par les peuples européens de la crise financière. Mais peut-être pas encore en France. 

Surendettements public et privé, frais financiers ruineux, méfiance des prêteurs asiatiques et Moyen orient devant nos demandes de prêts nouveaux, hausse des taux par une prime de risque. Ce n ‘était pas nouveau mais politiquement incorrect;  » il ne fallait pas le dire ! ». D’ excellents professionnels le clamaient à leurs risques et périls depuis longtemps. Tel Mr. Pébereau ou notre Premier ministre. Ils demandaient le retour à l’ équilibre du budget de fonctionnement des Etats. Ainsi que le contrôle du crédit bancaire depuis 2006 et le début de la débâcle financière US avec Bear Stearns et d’ autres. Débâcle cachée par la Fed qui n’ était pas encore obligée de publier ses interventions (on ne les a connues qu’ en 2011 !) . Bonne nouvelle: les peuples de l’ Europe ont accepté la remise en ordre. Mauvaise nouvelle: il faudra attendre les élections US pour que les américains en fassent autant. Entre temps, risque de panique sur le $ et les marchés.

En Europe tout le monde sait que la situation est intenable. Sauf chez nous ?  Le rejet éventuel du Président sortant ammènerait au pouvoir des politiciens qui n’ ont clairement pas encore compris. Notre PS national refuse la règle d’or qui conditionne le maintien de l’ Allemagne en zone Euro. Un risque : s’ il gagne, il faudra une grave crise pour l’  y contraindre. Elle sera donc (inutilement) coûteuse. Son schéma a été traçé par les malheurs des PIIGS: refus des prêteurs de financer le déficit public,  hausse des taux, banques en déconfiture , retards dans le versement des pensions et salaires publics, manifs désespérées autant que vaines; installation d’un gouvernement de technocrates. Ils se substitueront aux élus qui n’ont pas osé faire face. Pour réduire les déficits publics et le pouvoir des lobbyes. On aura perdu du temps et de l’ argent pour rien. Avec risque imprévisible d’extrémistes comme lorsque Mr. Chevènement réclamait notre sortie du Marché Commun en 1983 après 40% de dévaluation/DM en 18 mois .

Le risque français est donc supérieur à celui des autres pays de la zone Euro; déjà EDF et Areva sont dégradées. On y verra plus clair après Avril.

2 : Fonds propres des banques reconstitués par leurs clients. 

Les refinancements apportés par la BCE la semaine dernière leur permettent d’ emprunter à 1% (et bientôt moins ?) pour reprèter à 4 ou 5. Sur plusieurs centaines de milliards d’ € : le calcul de leurs profits est vite fait. Elles les porteront en fonds propres et se hisseront ainsi au niveau requis par les accords de Bâle. Le consommateur paiera et non pas le contribuable comme dans l’ urgence de 2008. C’est politiquement plus correct. Mais le résultat est en vue. Bonne nouvelle. La crise financière se résorbe. 

3 : Nous l’avons indiqué dans notre post du 18 Avril: les vrais décideurs US ont été sauvés de la déconfiture par la Fed  (leur filiale), et par les QE . Il s’ agissait surtout de Wall Street et de la sphère financière. Certes aucun dirigeant n’ a été inquiété (au contraire de l’ époque Reagan qui a mis en prison un millier de dirigeants de banques et de caisses d’épargne en 1984). Mais le résultat  est là. Aucune grosse banque ne sautera.  Donc plus de raisons de paniquer. D’ailleurs l’ or baisse fortement et son analyse technique est franchement négative pour les prochains mois. Bonne nouvelle. 

4 : Même si la méfiance mutuelle des banques les empêche de se prêter au marché monétaire, ces refinancements de la Fed et de la BCE assurent le retour à une liquidité normale pour les gros.  Bien sur, l’ inflation suivra. Mais elle est désirée pour amoindrir le stock de dettes publiques. Pour les privés, ils épargnent: c’est la bonne résolution de l’ année à New York d’ après Bloomberg (www.bloomberg.com)de ce jour ! Bonne nouvelle.

Il faudra encore du temps pour que ces bonnes nouvelles produisent leurs effets. Le retour à la raison financière entraînera inévitablement des réajustements douloureux. Ex: l’ arrêt des financements publics d’ associations plus ou moins bidonnées dans les banlieues ( la masse déversée pour y maintenir le calme a été soulignée par la Cour des comptes), va faire disparaître des emplois. C’est la destruction créatrice de Schumpeter. Ne plus l’ entraver est positif, mais pas immédiat.

Les profits des entreprises locales, sauf bancaires risquent de souffrir de la baisse de la consommation qui suivra inévitablement. Mais elle n’ est pas aussi grave qu’ on ne devrait l’ anticiper si on en croit les chiffres Grecs publiés ce jour: seulement 5% de baisse. Inespéré, et qui montre que la corruption (les revenus au noir) était assez élevée pour pallier la baisse des dépenses publiques. Sommes nous en France, plus vertueux ?

Et les profits de nos multinationales demeureront boostés par l’ Asie, sauf si les bilans des banques chinoises  sont aussi truqués que ceux du Japon en 1989. Et avec eux les taux de croissance officiels. De grands professionnels le disent déjà.  La conséquence en serait le retour de la Chine au réalisme … et à au respect des autres. Et un ralentissement mondial que rien, à part ça, n’ annonce puisque 2011 se termine sur le chiffre historique de la croissance moyenne depuis 1815 dans le monde industriel : 3% par an . Permanence de l’ histoire….

Dans tous les cas, c‘est l’ inflation qui démarrera dès que le poids des dettes se fera moins pressant. Comme toujours. Et ce sera une bonne nouvelle financière.  Raison de plus pour ne pas acheter de titres à revenu fixe. Et de rester sur les titres industriels de fort rendement. Seule une fiscalité accrue les handicapera. Ce n’ est pas encore sur.

Bas Relief Jugement Dernier Cathedrale Notre Dame de ParisUne vieille formulation chrétienne pour qualifier le dernier jour d’un monde trop vieux… mais le chrétien est un  optimiste et donc, ce dernier jour marque aussi  l’ avènement d’un monde nouveau. Pour nos clients et amis  anglophones, on dit « the day of reckoning ».  Les comptes sont présentés, réglés avec plus ou moins de douleur; et on repart sur des bases assainies.

Ce jour est-il proche ? Va-t-on pouvoir repartir sur des bases assainies ?

En 2011, les Etats européens  semblent avoir pris conscience des limites de leurs « Trésors ». C’est  positif: constatation par les pouvoirs publics de la dépression; reconnaissance à peu près générale de la folie des déficits massifs pour une politique de « relance » parfaitement inefficace. Grève  des prêteurs pour augmenter les emprunts, et même leur renouvellement se fait à des taux insupportables. Les PIIGS ont donc accepté de remettre de l’ équilibre dans leurs comptes. Sauf accident politique, France et Allemagne en font autant. Mad. Merkel a réussi à empêcher que la BCE ne fasse des eurobonds pour retarder les vrais efforts. La règle d’or est en place, condition pour que l’ Allemagne reste en zône euro.

Un monde nouveau après 10 années de folies et de « creative accounting » à la Madoff  ? Oui, mais seulement  en Europe, et avec un risque politique en France, qui pèse déjà sur le rating de nos grandes entreprises.

 1 : Car il y a les USA. Sans direction politique. La vie publique se fait sous le patronage de Wall Street dont les « contributions électorales » battent tous les records depuis que G.W. Bush en a supprimé les plafonds. Les lobbyes bloquent la baisse des déficits publics. Bien sur, Wall Street ne peut avoir  qu’une  vision politique à très court terme, au plus les bonus de fin de trimestre… Ce n’ est pas de la stratégie.  Le milieu politique n’ a pas pris conscience du nouveau rapport de forces dans le monde. On y croit encore que les USA sont tout puissants, comme en 1990.  Et qu’ils peuvent inonder la planète de $ désirés partout « as good as gold ». Erreur: la Chine commence à se fâcher et impose des taxes à l’ importation de grosses voitures, signal très clair. Et l’ Europe est un concurrent d’ égal niveau technologique. Il va falloir attendre la prochaine élection pour que, peut-être, des mesures puritaines comme le disaient les pères fondateurs, soient prises.

2 : La récession mondiale se poursuit, avec son cortège de contradictions.

Le $ doit dévaluer par rapport au Yuan et surtout à l’ €, le vrai concurrent. Mais la propagande de Wall Street présente l’ € comme dangereux et près de disparaître. Donc les salles de marché vendent l’ € qui baisse/au $, ce qui devrait réjouir EADS et pas Boeing ! L’analyse technique est unanime: la parité va casser les 1,25$/1€ . Tout le contraire d’une dévaluation.

La reprise « Keynésienne » par la consommation ne marche pas mieux aux USA qu’en Europe. Les consommateurs sont angoissés par le chômage et le risque d’être expulsés de leur logement s’ils n’en payent pas le loyer ou les traites. Aucune reprise en vue avant qu’ils n’ aient diminué leur endettement pour revenir aux normes habituelles. Il y faut encore du temps. Les bénéfices des sociétés ont augmenté en 2010/6 premiers mois de 2011  par l’ amélioration « schumpeterienne » de leur productivité plus que par la hausse de leurs ventes. Mais il y a des limites aux licenciements , et le chômage lui-même diminue la consommation…

L’Etat fédéral croule sous les dettes, avouées ou cachées ( les engagements sociaux). Le bilan de la Fed est gonflé au maximum ce qui montre que les prêteurs étrangers se font rares; le gonfler davantage va faire peur aux créanciers.   Sauf si ceux-ci ont encore plus peur pour leur existence même, et reviennent placer leurs excédents (pétroliers surtout) en Amérique. Leur faire peur par une nouvelle guerre en serait un bon moyen. Comme avec les 3 guerres d’Irak. Mais cela serait dangereux pour les marchés d’actions: New York avait baissé fortement pendant les 3 premières années de la 2nde guerre mondiale. Seul le complexe militaro-industriel peut y trouver avantage. Est-il assez puissant pour  l’ imposer ? Et après ?

La dépression séculaire en cours n’ a pas atteint son terme. Celui que prévoit la science économique : sa durée devrait être le tiers de celle de la croissance précédente. Soit une fin vers 2016. L’ analyse technique confirme: aucune reprise en vue sur les marchés actions. La bande d’évolution en place en 2011 court le (grand) risque d’être cassée à la baisse. Pour revoir les creux de Lehman en 2009.

Conséquence : Les risques de toute nature sont trop grands. 

Il est impossible de prévoir comment seront résolues ces contradictions. La nature y parviendra, mais il vaut mieux attendre et voir venir.

Pour nos placements: s’abstenir. Le début du nouvel exercice risque d’être chaotique. Dès que les volumes seront revenus, il n’ est pas certain que le trading automatique des gros bras de Wall Street soit beaucoup plus opérant que les interventions des Mellon ou Rockefeller de 1932. On ne peut pas truquer indéfiniment un marché.

Plus que jamais, il faudra privilégier la sécurité du rendement et de la présence en Asie.

 

 

 

Comme prévu pour nos clients, il y avait un peu de place pour monter. Le CAC a frôlé  3250, résistance vue par tous les chartistes. Pour améliorer les performances des portefeuilles- et les bonus des gérants – de fin d’année, le trading automatique pourrait le pousser vers 3400. Même situation sur les autres marchés. L’optimisme pourrait tenir pendant la 1ère quinzaine de Janvier . Mais cette même analyse chartiste annonce la baisse au delà. Car les marchés demeurent en « baisse séculaire », c’est à dire n’ont pas fini de reculer après leur hausse séculaire depuis 1976 jusqu’à 2007. Notre analyse demeure: 10 ans de bear market à partir de 2007  et un nouveau retour sur les plus bas de 2009, ou pire. 

Pourquoi ? Alors que nos media claironnent la victoire de l’ Europe? Et que l’ Allemagne est désormais dans le même collimateur des agences de notation que les USA  la France et les autres ? Sans aucun effet sur leurs écarts de taux ? 

Le déferlement de propagande dans une négociation internationale  rend le raisonnement difficile. Ce jour un officiel allemand déclare son pessimisme. Bras de fer de dernière minute pour préparer le prochain sommet de l’ UE ? On va probablement y  annoncer quelque chose de non négligeable. L’ € sera « sauvé » à nouveau. Les PIIGS ne pèsent pas assez dans le jeu pour éviter la cure d’honnêteté politique qui les modernisera par rapport à l’ Europe du nord ( hier en 1860, même scénario  pour l’ Italie du sud obligée de faire quelques progrès après l’unification …) . C’est l’intérêt de tous que l’ €  ne flanche pas: la mise hors jeu des 400 millions de consommateurs  et investisseurs d’Europe aurait des effets négatifs pour les USA et la zone Asie/Pacifique. Il faut donc le protéger. Mr. Ch. Gave, dans son livre et dans son interview sur BFM (podcast au 06/12, 9h) néglige ce facteur: un € solide permet aux USA une dévaluation compétitive pour rétablir leur activité  par l’ export. Comme toujours. Sinon, il ne leur restera que la guerre ( cf. notre post: « un cygne noir » ) pour que tout change sans que rien ne change. Le ministre US du Trésor achève une tournée en Europe pour y veiller.

Un succès à Bruxelles permettra peut-être une dernière hausse sur les marchés.

Mais la récession continue, et avec elle la déflation des actifs et de l’activité. Le monde atlantique demeure étranglé par sa dette. Les privés remboursent de leur mieux au détriment de la consommation . Les Etats européens commencent seulement à vouloir rétablir leurs budgets. Les USA sont en plein blocage politique sans volonté d’en sortir. Il y a 10 ans de surendettement à résorberLa reprise n’aura pas lieu avant d’avoir retrouvé de l’ aisance. C’est le Ba ba de la science économique (la destruction créatrice de Schumpeter). Aucun QE aux USA ou en Europe n’y changera rien. Les incantations à la relance valent celles des sorciers faiseurs de pluie. C’est vrai qu’elle finira par tomber…. plus tard.

Conséquence : Une hausse serait l’ occasion de faire des liquidités avant la prochaine chute. Pour investir 25 à 35% plus bas sur les indices. Sauf cas particulier de gros rendements très supérieurs à celui des emprunts d’ Etat dont la qualité, sur les marchés, ne vaut déjà plus celle des grandes multinationales. Ce sont les secteurs de refuge. Car on ne peut pas exclure la folie d’un gouvernement pressé de gagner des élections ou de résorber une crise sociale par la fuite en avant. Comme dans la période 1920/1940. Les peuples ont déjà oublié que leurs économies furent sauvées quand elles étaient investies en actions Royal Dutch ou IBM, Total ou St Gobain et surtout pas en fonds d’ Etat... Leurs variations à court terme relèvent désormais du mouvement brownien.

 

Le cygne noir, c’est l évènement imprévu et catastrophique qui affole les responsables et détraque  les marchés. Exemples récents: la faillite Lehman, celle de la Grèce, un tsunami. Mais aussi la guerre quand les opinions publiques ne l’ont pas vue venir. Ce qui ne veut pas dire que les Etats ne l’ avaient pas préparée. Pearl Harbour fut-il vraiment une surprise, alors que les USA avaient mis le Japon sous embargo pétrolier en janvier 1941 ? Le rapport de l’ Agence AIEA annonce quelque chose de nouveau et d’ incalculable.

Notre propos n’ est pas de faire de la stratégie. Ni du commentaire politique. Mais seulement de protéger nos avoirs. Nous sommes certains, depuis  2 ans (et même depuis Août 2007) ,  que le monde Atlantique est en dépression/récession . Elle est désormais confirmée par les « officiels« .  Cette dépression devrait se terminer normalement vers 2015. Mais les opinions publiques s’impatientent, et les puissants de ce monde ne veulent pas se remettre en cause. Ils pourraient envisager un coup de poker. Le plus classique, comme avec  les militaires Grecs ou argentins contestés par leurs peuples: une guerre.

Une guerre en  Iran serait un cygne noir. Car on en parle depuis des années sans y croire. Mais l’ AIEA n’ a pas sorti son rapport innoçement. Et tout à coup, une guerre engagée par Israël avec le soutien exprès ou forcé des USA devient une hypothèse. Cohérente avec la tradition de la diplomatie anglo-saxonne (comme disait De Gaulle). Celle de détourner l’ attention de leurs peuples des problèmes internes en organisant une diversion militaire. Celle-ci oblige à l’ union nationale, empêche de demander des comptes aux responsables du marasme et des abus de la finance.  Elle  peut même permettre les réformes  que les rivalités politiques bloquaient.

Cygne noir parce qu’une guerre en Iran serait ingagnable. Ce n’est pas la Libye ou un Irak artificiels et tribaux, constitués il y a seulement 3 générations par les alliés pour remplacer les Ottomans. La Perse est une nation. En 2000 ans , aucun empire n’ en est jamais venu à bout. Romains, Byzantins, Turcs, Anglais, Russes s’y sont cassés les dents. Les USA avec le renversement du Shah  se sont tiré une balle dans le pied. Seul Alexandre… mais son empire a duré l’ espace de sa courte vie.

Pour nos placements, ce serait un choc. Une guerre aux résultats imprévisibles, qui soudera la population locale autour de son régime religieux, avec attentats façon rue Marbeuf ?  L’Irak en a déjà fait les frais en 1980. L‘issue en serait  lointaine.

Pour les financiers américains, pendant ce temps, on ne parlerait plus du $ ni des banques à problèmes ( BOFA ?). L’incertitude sur l’ € a refait des bons du Trésor US une valeur refuge. Injustifiée car ses chiffres sont aussi désastreux que ceux des PIIGS; sa dégradation par les agences de rating est en cours.  Dès que de nouveaux dirigeants européens auront remis de l’ ordre dans les budgets nationaux, l’ € redeviendra une monnaie forte. C’est commencé. Et le $ entre dans le collimateur.Forts  remous en perspective. On comprend que la Chine et la Russie ne veuillent pas d’une guerre de diversion ! Qui retarderait le rééquilibrage monétaire international au sein du FMI, nécessaire pour succéder à Bretton Woods. Mais qui, plus surement, ruinerait l’ économie et le statut des USA dans le monde. Plus que le Viet Nam, cette guerre inutile disait Mr. Mac Namara. Car il n’y a plus d’équilibre de la terreur pour la limiter localement.

Ce n’ est pas seulement le cygne qui serait noir.

Et les analyses techniques montrent un « épaule-tête-épaule » à Paris qui précipiterait le CAC vers les 2600 annoncés ici depuis 2 ans. Et déjà approchés 2 fois . Y-a -t-il des initiés à des développements nouveaux ?

 

L’accord de Bruxelles est acquis dans un scénario de bruit à usage médiatique. Comme toujours en Europe, il faut du drame pour faire avancer les choses (rappelons nous la politique de la chaise vide par De Gaulle en 1963). Nous l’avions prévu dès la semaines dernière.

Pour nos placements, c’st une incertitude qui est levée , à terme de quelques semaines ?  Car la dépression qui frappe le monde occidental n’est pas finie. L’endettement public et privé demeure trop lourd. Sa baisse est la priorité, plus que jamais. Le FMI et la Chine n’ auront accepté de soutenir cet accord que pour gagner du temps, et dans leur intérêt de créanciers dont le débiteur était en perdition. Avec les hausses d’impôts et des budgets publics moins dispendieux, l’ activité économique ( ce que les media appellent « la croissance ») ne peut pas croître. On sera heureux si elle stagne.

Dans l’ immédiat,c’st le soulagement.  Les bourses devraient  finir l’ année en beauté. Les financières françaises en tête. Il semble qu’elles sont les moins engagées sur la Grèce, et dans des proportions raisonnables sur les autres PIIGS.  En effet la BCE connait surement  la réalité de leurs bilans et confirme que leur recapitalisation sera légère. Les dividendes 2011 (à payer en 2012) seront sans doute supprimés. Mais ce sera un inconvénient pour plus tard.

Les multinationales avaient baissé en accord avec les indices où les banques pèsent plus de 30% ( pour le CAC). Elles remontent donc avec elles. Et leurs perspectives à l’export demeurent favorables, avec du cash plein leurs comptes. La récession n’est pas pour demain en Chine ni en Asie….

Conséquence: notre post de la semaine dernière est confirmé: il y a a encore de l’ argent à gagner en étant investi.

Ce blog ne résiste pas au devoir de souligner la déchéance économique et politique de l’ Europe. Par impéritie des dirigeants à commencer par leurs  media, et des syndicalistes sauf en Allemagne, il a fallu la menace du bâton et des subsides de l’ Asie et du FMI pour qu’ils fassent leur travail: remettre  leurs finances et leurs budgets publics  en ordre. Afin de se justifier auprès de leurs opinions publiques désinformées depuis des mois, ce scénario bruyant de la réunion  » de la dernière chance » a été mis en place. Ce n’est qu’une habile opération de communication. Mais le fond demeure, avec des dettes dont le coût financier demeure extravagant sans utilité sociale ou industrielle.  Surtout en période de récession et de baisse des prix ce qui empêchera de rembourser par l’inflation et la croissance. Des parts de marché bancaire auront été vendues par nos banques pour refinancer leurs bilans, la Chine prend notre place au FMI où les quota seront révisés prochainement  à notre détriment. Certes les USA sont désormais dans le collimateur. Le standing du $ n’est pas amélioré par ce renflouement. Et le budget/endettement US va passer au premier plan. Ce n’est pas une consolation : le malheur (prochain) des autres ne nous servira de rien: ce sont les émergents de l’ Asie/Pacifique qui en profiteront. La main passe, comme au 15ème siècle quand elle passa de l’ Italie du Nord et de Venise à la mer du Nord. Et pour la même raison politique.

Raison de plus pour jouer les grandes valeurs qui y travaillent déjà avec succès.

Une nouvelle crise financière globale est donc à venir. Elle justifie notre analyse technique: l’ avalement haussier de ce jour va conduire le CAC vers 3500/3650. Mais la dépression ne se terminera pas avant 2015. Entre temps, il y aura de nouveaux creux lorsque la crise sera plus douloureuse et que les gouvernements ne pourront plus la pallier par des mesures sociales. De plus, les campagnes électorales en cours vont remettre en cause ce qui vient d’être acquis et les marchés reprendront peur. Donc il s’agit d’un bull trap . Le temps que les investisseurs réagissent en changeant leur actuelle vue pessimiste, les premiers acheteurs auront revendu avec profit. Et les derniers entrants seront piégés. 

Mais on ne peut pas laisser la clientèle à l’écart de ce mouvement. Notre dernier post le disait déjà. Il est prudent de  prendre des risques.

 

 

Mr. Baroin (notre ministre des finances) reconnait publiquement que le projet de budget de la France pour 2012 est truqué (Nota: l’ auteur de ce blog maîtrise la langue de cour, mais préfère la langue ordinaire). Car fondé sur une prévision de croissance de 1,8% quand la dépression nous donnera au mieux 0% . Comme les salaires de la fonction publique augmenteront de 3% et qu’ils font la moitié des dépenses de fonctionnement, le déficit va donc augmenter. Malgré quelques recettes de hausses d’impôt, telles la surtaxe sur les hauts revenus de plus de 300 000 €, ou une taxe sur les sodas, des « recettes de poche » comme on enseigne à l’ ENA. Même situation en Grèce .

Du coup l’ Allemagne annonce qu’il n’ y a pas de refinancement à attendre de sa part dimanche prochain. Et Moodys confirme la prochaine dégradation du rating français, processus déjà commencé avec celle des trois banques il y a 1 mois. Moodys en rajoute en notant ( en langue de bois) que l’   »élection prochaine suscite des inquiétudes », traduction: les socialistes n’inspirent pas plus confiance. Pour ce blog qui anticipe sur les media officiels, le renchérissement du premier poste de dépenses dans le budget (celui des intérêts de la dette) sera dramatique, et propre à une prise de conscience.

Pour nos placements, ce jeu de la vérité est plutôt positif . Comme indiqué ici, le retour à la réalité est une condition nécéssaire du retour à des finances saines et donc, à la croissance. Mais seule la pression des faits peut l’imposer à l’opinion publique. Les marchés « parlent poliment avec un gros bâton à la main »… Sans cette pression, les peuples préfèrent le laisser-aller.

Peut-on déjà croire à la sincérité des élites politiques  pour cesser de faire du déficit à crédit  ? Non: ils n’ont pas encore intégré cette nouvelle donne, dans laquelle les marchés ne prêtent plus. Il faudra de nouvelles paniques pour les y contraindre. Avec ou sans les socialistes qui veulent « réenchanter le rêve français  » Et surtout, la remise en ordre des finances US est remise à 2013 après leur élection. Entre temps, Wall Street va continuer son jeu de casino que rien ne lui interdit.Nous n’avons pas de complexe à avoir: la classe politique américaine n’est pas plus sage, ouverte sur le reste du monde,  ni courageuse que la nôtre...

Peut-on revenir à l’achat , sauf en trading ? De nombreux cours sont déjà bradés. Les entreprises internationales font de bonnes affaires en Asie et ailleurs. Les publications d’IBM le montrent; celles de StGobain ou Michelin, ou Alcatel depuis 5 trimestres le confirment. La récession n’est pas pour elles, ou pas beaucoup. Nous l’avons indiqué depuis longtemps: des entreprises internationales qui gagnent bien leur vie en Asie, cotées au tiers des fonds propres, avec des dividendes alléchants quand les taux d’intérêt sont à 3%, des caisses pleines de cash. Pour un investisseur de long terme, ces cours sont alléchants. Pour le particulier qui ne peut pas anticiper sur une durée de plus de 5 ans, il faut craindre que la pression internationale et la panique ne fassent plonger les cours à leur niveau post-Lehman. 2600 sur le CAC comme indiqué ici.

Nous maintenons notre analyse, la même depuis plus d’un an: la fin de la dépression économique ne sera pas en vue avant 2013/2014. Le désendettement sera alors en marche pour les Etats et les particuliers. ce sera la fin du cycle de surendettement  (mais pas du cycle économique de l’ hiver Kondratieff) né des attentats du 9/11 et de la réaction paniquée des USA. La bourse anticipera, comme toujours. Comme entre 1976 et 1981; ou entre 1933 et 1937.

L’analyse technique indique que la hausse peut se poursuivre en Europe. Le CAC peut toucher 3500. Mais ce serait l’amorce d’un bull trap avec pour risque le retour, une 3ème et dernière fois, sur 2600. Il faut des nerfs pour supporter cette volatilité. En attendant, du gros rendement sur des valeurs paisibles devraient permettre d’attendre au chaud. La recap des banques serait toutefois à jouer car déjà classées TBTF, elles seront alors assainies et précéderont la remontée des indices. Cette recap, quelle que soit son origine, est sans doute dans les cours.

 

Remontée des actions. Signatures privées plus recherchées que celles des Etats. Entreprises multinationales riches de cash et plus puissantes que bien des nations.  Notre scénario depuis 9 mois se vérifie. Une nouvelle époque commence. La théorie économique l’ annonçait: la « destruction créatrice » fait son oeuvre. Il est temps de s’ adapter à une nouvelle donne.

Acheter des actions? Risqué, mai tellement tentant… aux prix actuels. Nous étions pessimistes avant le krach; nous avons en raison. Nous devenons plus optimistes après.

L’optimisme général est encore faible. Les « analystes » et commentateurs demeurent nerveux. Pourtant la politique confirme le retour à de nouvelles règles (ou, au contraire à de vieilles règles!): celle de l’ équilibre budgétaire en tête. Il va redevenir populaire comme en Allemagne ! Les salariés du privé commencent à regarder de travers ceux du public qui sont à l’abri de leurs statuts et ne souffrent pas de la mondialisation en exigeant des hausses de salaires et des privilèges façon SNCF. L’opinion publique instruite des malheurs de la Grèce et de l’ Irlande  a pris conscience de la réalité. Les manifs contre l’austérité font pshit. Les élus peuvent sans prendre trop de risques électoraux, dire la vérité et en appliquer les conséquences. Voyez notre post précédent.

Il y aura encore des retours de flamme. Car le retour à l’ordre, même nommé « austérité » va révéler des squelettes cachés dans les comptabilités créatives des Etats et des banques. Mais les cloisons pare-feu sont en train de se mettre en place.

La 1ére: la recapitalisation des banques européennes et de GB .Il leur fallait amortir leurs pertes sur emprunts d’Etat sans descendre sous leurs ratios de fonds propres. Ce devrait être fait dans les prochains jours. A quand celle des banques US qui ne sont certainement pas des modèles de vertu ? Ou des chinoises qui ne sont probablement pas en meilleure situation que les banques japonaises en 1990? Mais  celles d’ Europe  avaient baissé plus que les autres, la remontée devrait être plus forte.

La 2nde : les plus grandes banques sont désormais classées TBTF (too big to fail). Leur avenir est donc garanti par la communauté des Etats civilisés. C’est un gros risque systémique de moins, surtout que les USA conservent encore le privilège d’imprimer du papier monnaie. Au niveau actuel  de décote sur leurs actifs, elles sont bon marché. Un fait d’expérience.

 

Conséquences : Le secteur bancaire est au coeur du système capitaliste. Et pèse de 25 à 33% des indices. Les marchés ne remonteraient pas sans lui. Si on veut commencer à jouer la fin de la crise boursière ( attention:  pas économique), elles sont un must.

Et puis les gros rendements et les entreprises internationales; surtout les 2 à la fois. Le krach a fait naître des occasions rares. Si notre raisonnement est juste, y investir devrait être récompensé, c’est la loi des marchés.

Enfin , quelques perles rares qui intèrêssent peu les analystes officiels ( le « sell side » ) des grandes banques parce que leur marché est relativement trop étroit pour leurs clients internationaux . Derichebourg, Pages jaunes etc. Voyez la rubrique meilleurs rendements des sites d’information boursière. Et choisissons ceux qui dont les rendements ou la capacité de reprise semblent raisonnables. Les recovery sont plus risqués que les investissements murs; mais beaucoup  plus avantageux. Nous sommes à votre disposition.

La route demeurera chaotique. Le marché est encore aux mains de traders très court termistes. Mais, pour le capitaliste privé qui place son argent à 5 ans (horizon normal dans cette activité), le risque vaut d’être pris.

Des noms ? Vivendi ou les télécoms avec + de 10% de rendement et une forte présence internationale: la capitalisation de leurs coupons offre une protection contre la démagogie probable du politique qui voudrait leur prendre une partie de leur cash-flow. Alcatel ou St Gobain leaders mondiaux, l’ auto et ses fournisseurs : où est la crise quand Renault annonce qu’il battra ses records de production en 2012 ? Tels Faurecia qui demeure ignoré par routine des analystes ( la société s’est transformée et pèse plus que Valeo): Peugeot pourrait désormais en revendre une partie pour lui faciliter des contrats avec d’autres constructeurs; surement pas  au prix actuel.  Michelin. Et bien d’autres… En règle générale, les leaders mondiaux comme EADS, Cap G. ou Dassault Systèmes entre autres sont à surveiller en priorité car les grandes gestions pensent d’abord à eux; pas à le Bélier pourtant 1er européen dans sa spécialité. Mais ce ne sont pas eux qui ont le plus baissé.

Les marchés anticipent toujours. La sortie de la crise économique viendra du désendettement des consommateurs et des Etats. Qui pourront alors  reprendre leurs dépenses. En attendant, le marché n’étant plus en mode panique, pourrait réévaluer ses excès à la baisse.