Le rating des Etats européens sauf Allemagne et sa zone économique est abaissé. Avec perspective négative. Celui des USA l’ était déjà. Aucun effet apparent sur les marchés: actions et obligations s’ améliorent. Comme toujours, c’ est le « fait accompli ». Grâce à l’ « erreur » commise par SPII le 10/11 en l’ annonçant prématurément, c’était déjà dans les cours. Bon boulot pour éviter les chocs. D’où les cocoricos en France pour expliquer qu’ il s’agit d’ un non événement. En plus, les accords de swaps entre la BCE et la Fed, et les rachats d’ emprunts publics Italiens et Espagnols par la BCE ( le SMP), entraînent une embellie sur les taux et les souscriptions aux nouvelles émissions. Tout baigne pour le moment, tant que la BCE aura encore de la place dans son bilan pour y loger des créances dont les marchés ne veulent pas.
Aux USA, l’ année électorale commence. La Fed y participe. Un QE 3 est clairement dans les cartes, comme le SMP en Europe. C’est la meilleure explication de la petite reprise boursière. L’ injection de crédits publics a toujours stimulé la bourse. Même si le chômage et les prix de l’ immobilier (le pilier du patrimoine des ménages) demeurent dans le creux sans reprise en vue. Mais cela crée un effet richesse qui peut rapporter des voix au candidat sortant.
Nous avions indiqué que les indices avaient un peu de place pour remonter. A Paris, un CAC vers 3400 est l’ objectif. On peut y arriver très vite. Mais, ….
1 : l’ analyse graphique continue d’ anticiper un retour vers les plus bas de 2009 sur le CAC et sur Wall Street. Et les volumes ne montrent toujours pas de retour des vrais investisseurs vers les actions. Ils demeurent inexistants à moins de 2,8 milliards/jour à Paris; même situation à New York. La hausse actuelle parait encore artificielle , un « bull trap ». Les salles de marché essayent de créer de l’ agitation pour faire des commissions. C’est leur métier… De plus les banques demeurent fragiles, à la merci de la moindre rumeur. La recapitalisation d’ Unicrédit s’ est mal passée, ce qui augure mal des autres. Et la revente de RBS par le gouvernement Britannique ne se passe pas du tout. Les marchés ne monteront pas durablement sans le secteur bancaire, et ce n’ est pas fait.
2 / les QE et autres outils de la panoplie des Banques centrales ne changent pas la réalité. Comme « l’ erreur » de SPII le 10/11 dernier, ils permettent seulement d’ amortir les chocs. Mais pas d’ inverser les tendances qui ressortissent des lois de l’ économie et du rapport des forces sur les marchés. L’endettement est toujours insupportable et hors contrôle pour les consommateurs et les Etats. Il faut le diminuer. C’est la condition d’une reprise de la croissance. Seule l’ Allemagne tient son budget public sous contrôle, les autres essayent seulement de réduire leur déficit.
3 ; La dépression diminue les recettes fiscales et le chômage tétanise les consommateurs qui reviennent aux vieux principes de l’ économie ménagère: épargner. Seule une reprise des investissements , et non pas de la consommation permettrait le retour à une croissance. Elle viendra automatiquement car les équipements finissent par s’user, et les nouvelles technologies les rendent obsolescents. Mais pour l’ accélérer, il faudrait la volonté politique d’ en faire le choix, comme l’ Allemagne de Mr. Schröder qui en accepta le prix électoral, ou celle de Mr. Kohl qui sut convaincre ses électeurs de faire les efforts importants pour reconstruire l’ Allemagne de l’ Est. Les fruits furent longs à murir, mais ils sont là. A contrario, le discours électoral en France et aux USA ne va pas dans ce sens, et les programmes du genre « tax and spend » fleurissent partout. C’est donc en 2013 au plus tôt que le monde Atlantique s’ y attellera . Peut-être. Avec le secours de l’ inflation. Peut-être. Et sous la contrainte de ses créanciers asiatiques et Moyen Orientaux. Sauf si ceux-ci avaient un pressant besoin de protection contre une guerre. Cela explique la bonne tenue du $. C’est pourquoi ce risque doit rester en vue, cygne noir (voir notre post) dont nous parlons depuis 3 mois. Il est improbable que l’ embargo contre les ventes de pétrole par l’ Iran n ‘entraîne pas des conséquences militaires. Comme celui contre le Japon en 1941 (rappel: après que celui-ci eut pris l’ Indochine, les USA le mirent sous embargo pétrolier; on connait la suite). Les cours baissent toujours quand la guerre menace; on n’ achète qu’ au son du canon.
Conclusion: il n’y a toujours pas de signe de reprise économique en Occident. Les grandes multinationales font leurs profits sur les zones en croissance de l’ Asie, Afrique et Amérique du sud. Même si les cours actuels semblent caractéristiques des sorties de crise boursière, il est probable qu’ on verra des cours beaucoup plus bas à l’ occasion d’un dernier krach. Nous restons incrédules devant l’ embellie actuelle: elle nous semble faite à la main pour un usage médiatique.
Ce blog est, en fait, un bulletin de liaison pour nos anciens clients et nos amis. Il a pour but de continuer, sur une base amicale, à les aider dans la gestion de leurs avoirs, institutionnels (caisses de retraite) ou personnels. A la différence d’une Sicav ou d’ un fonds, nous y justifions par avance nos décisions stratégiques (plutôt le long terme) et tactiques (saisir les bonnes occasions s’il s’ en présente). Ses analyses politiques s’ inscrivent dans cette problématique: comment protéger nos avoirs dans un monde dangereux, et mieux encore, comment les faire prospérer?
La politique en soi n’ est donc pas notre propos. Seulement ses conséquences sur nos placements.
Trois contraintes lourdes pour 2012:
La première: la crise financière mondiale s’ aggrave. La rémission est encore loin. Les marchés interbancaires d’ Europe demeurent fermés et les banques semblent tricardes dans le monde entier. La BCE est la seule présente pour assurer la contrepartie, avec des accords avec la Fed pour leur procurer des $. De grands noms sont en péril et chacun attend l’ annonce d’ une catastrophe chaque vendredi soir. La situation des banques chinoises fait l’ objet d’interrogations, et celle des banques US ne vaut guère mieux. Le fait d’ avoir prévu (mais pas publié) à Bâle une liste des banques TBTF (too big to fail) ne rassure pas, au contraire. Car les gouvernements n’ ont plus les moyens de les renflouer. De plus il y a clairement une lutte entre le $ et l’ € . Leur parité est un énorme problème pour tous, qui n’ a pas de bonne solution en ce moment. Si l’ € baisse trop, l’ industrie US souffre et aurait intérêt à le soutenir. Mais s’ il est solide, c’ est la suprématie du $ comme monnaie de réserve ultime qui est en cause. Enfin aux USA, Wall Street et le complexe militaro-industriel ont encore le champ libre pour refuser toute réforme monétaire jusqu’ en Novembre.
La deuxième: la crise économique dans le monde Atlantique n’ est pas terminée. Parce que elle n’ a pas encore produit tous ses effets. Ils ont été retardés par l’ interventionnisme des dirigeants politiques en mal d’ élection/réélection. Le soutien à la consommation aux dépens des investissements permet de gagner du temps en termes électoraux; pas en termes d’ efficacité. La destruction créatrice est retardée, voir le feuilleton Sea France. Mais les lois de la nature s’ appliquent quand même, les effets des potions magiques ( à base de QE et autres subventions) auront des effets aggravants. Et socialement explosifs ? Les consommateurs ne songent qu’ à rembourser leurs dettes; les Etats aussi. Le retour à des taux d’ épargne normaux pour le secteur privé et pour les Etats n ‘est pas encore en vue. C’est pourtant lui qui, comme toujours, signera le début de la reprise économique. Il y faut du temps.
Accessoirement, la France devient un mauvais risque politique. Parce qu’il ne semble pas que le challenger du Président sortant et ses soutiens aient compris la situation; leur culture reste encore celle des années 1980: Etat providence et « tax and spend », à quoi s’ ajoute leur difficulté traditionnelle à comprendre les techniques de l’ industrie et de l’ économie modernes, et les enjeux de leur (et notre) temps. De même qu’ ils refusaient la motorisation de l’ armée en 1938 ou une politique du logement en 1956, ils refusent l’ énergie nucléaire. Ainsi que la modernisation de la fiscalité du travail par la TVA; ou la règle d’or pour contenir l’ endettement. La crainte de leur éventuel succès entraînera donc jusqu’ en Avril prochain, la baisse du rating du « Standort Frankreich ». Déjà commencée pour Areva, EdF et leurs soustraitants. (L’expression allemande n’ a pas de parfaite traduction en français ni en anglais, on peut dire: le site de production français; par opposition aux délocalisations).
La troisième: L’ analyse technique des marchés confirme ces observations. Elle annonce un retour du CAC sur 2400. Pour la 4ème fois depuis 2009. Donc cette fois, ce plancher risquerait d’être cassé jusqu’ à 1500 dans une panique si un cygne noir survient. Nous l’ avons déjà annoncé dans ce blog (relisez ce titre). Les autres marchés sont à peine mieux disposés. Ce chiffre serait d’ ailleurs une formidable occasion d’achat d’ actions bradées car la France ne peut pas sortir de l’ ensemble Europe/Atlantique et devra s’ adapter, comme elle l’ a fait en 1984 après des nationalisations et dévaluations surprenantes en fin du XXème siècle…. Après la pluie vient le beau temps. Mais il ne faut pas l’ anticiper à ce jour.
Trois bonnes raisons de conserver la plus grande prudence. Même les entreprises à gros rendement garanti sont vulnérables en France: une nouvelle fiscalité peut anéantir leur formation de FCF et surtaxer leurs dividendes; donc renchérir le coût de leur financement. Et si la guerre éclate (dans l’ océan indien ?), rappelons-nous que Wall Street a chuté de 1939 à 1943, puis avec la guerre du Viet Nam.
Que reste-t-il pour placer son argent ?
Les obligations privées valent déjà mieux que la plupart des bons des trésors. Mais l’ inflation devrait démarrer dès qu’ une reprise de l’ emploi sera signalée. Nous n’ aurons pas le temps d’ en sortir avant le krach obligataire inévitable en raison des très faibles rendements actuels. Parier sur le meilleur rendement (5 à 7% à moins de 7 ans) de certains PIIGS est peut-être une bonne idée ? Mais c’est un pari sur l’ unité européenne et sur le courage du personnel politique…. En ce moment, les banques françaises font les pieds au mur pour éviter un hair cut supplémentaire sur les emprunts grecs. Mais déjà le Crédit Agricole a du renflouer sa filiale Emporiki de 2 milliards pour lui éviter une fermeture qui lui en aurait coûté 8 de provisions sur ses propres créances. Les américains ne vont pas les y aider et pourtant l’ activation des CDS émis par Goldman Sachs remettrait AIG et les banques US en péril. La situation demeure confuse. S’abstenir, ce que font les banques: elles replaçent leurs liquidités à la BCE chaque fin de semaine plutôt que de se refinancer mutuellement.
Les actions ? beaucoup sont déjà à des PER de panique, entre 5 et 8. Ce sont des chiffres qui caractérisent les creux boursiers. Mais le marché craint que leurs bénéfices ne soient affectés par la crise qu’ ils croient mondiale. A tort. Nos amis connaissent la liste de nos préférences. Dans le cas d’une inflation soudaine et forte, leurs actifs se réévalueront. En 1939, c’ était le pari à prendre, tout comme en 1914. Et en attendant, elles prospèrent sur les zones de développement que sont l’ Asie, l’ Afrique et l’ Amérique du sud. En fait la crise économique est loin d’ être mondiale: nos constructeurs d’ autos, L ‘Oréal, Faurecia, Michelin, ou Nestlé ou Siemens ou LVMH font déjà la majeure partie de leur chiffre d’ affaires sur ces régions en croissance. Le vrai risque est une dépression en Asie. On n’ y est pas, même si on passait de 9%/an à seulement 5% (chiffre français de la période De Gaulle-Pompidou).
L’ or présente actuellement une analyse graphique négative. Une consolidation de sa hausse depuis 2003 est en cours. Elle peut le ramener vers 1300$/once. Et en cas de pénurie de liquidités, beaucoup plus bas. Car les spéculateurs acculés par des appels de marge, vendront tout ce qu’ ils peuvent, y compris leur Porsche… comme dans tous les krachs. Ce serait alors une bonne occasion d’ achat. Car il est manifeste que la diplomatie US n’ a pas réussi à en faire une relique barbare et qu’ il restera au centre du futur système monétaire international, quand il sera possible de l’ acter comme à Bretton Woods. Aux dépens de l’ Europe, sans doute.
De l’ immobilier en vue de le louer? Oui, mais avec un crédit remboursé par ses loyers après fiscalité. Si l’ inflation démarre, les échéances (à taux fixe bien sur), seront remboursées en timbres poste comme disaient les vendeurs d’immobilier dans les années 50 où le franc était une monnaie de singe et les taux artificiellement bas; puis à nouveau en 1984 après la baisse des taux suite au courage de Mr. Volcker ! Notez la même configuration politique en France à ces deux moments; va-t-elle se reproduire? Là encore, l’ expérience historique est parlante. Attendre pour acheter, mais pas pour vendre, car en période de crise, les acheteurs peuvent se faire rares. Comme en 1981 où tout était bradé.
Une conclusion: il y aura de bonnes occasions dans les prochains mois pour acheter sur une panique.
Dans le doute, une règle de base : en période de crise, cash is king.
L’ avenir n’ est pas totalement imprévisible. Les réalités d’ aujourd’hui annoncent la suite. Mais qui veut bien les voir, lors qu’ elles contredisent le « consensus » ambiant ? Cassandre a toujours politiquement tort. Une belle carrière se fait aussi par la soumission aux règles, dont la 1ère est d’ approuver les idées du chef . Et tous les chefs ne prennent pas modèle sur Churchill. Ils préfèrent bêler la vieille chanson de 1937: « tout va très bien, Madame la Marquise… ». C’est plus utile pour les élections. C’est vrai aussi dans les grandes organisations.
Ici, nous n’avons pas cette contrainte de la politique maison ni du « sell side ». Notre rôle,dans la gestion des avoirs de nos clients, est de crier au fou et au risque alors que tout le monde s’ accorde pour dire le contraire. Vous trouverez la pensée unique dans tous les media; elle s’ assimile à de la propagande.
Notre but: la réflexion. Elle peut se tromper, mais elle s’ appuie sur des faits que chacun peut vérifier. Et 2+2 finissent pas faire 4. …
Quelques faits de 2011 à analyser pour en comprendre les conséquences: paniques boursières à répétition, marchés obligataires en perdition, fermeture des marchés interbancaires, gouvernements démocratiques remplacés par celui de technocrates et manifestations de masses vaines et désespérées, profits gigantesque de la sphère financière, chômage massif dans la zone € (sauf en Allemagne), et aux USA . Enfin rôle de décideur pris par la zone Asie Pacifique contre le monde Atlantique dans les grandes affaires économiques.
Relisez nos posts de 2011. Sur l’ horizon de gestion d’une fortune privée, nous demeurons négatifs, comme fin 2010. Mais il peut y avoir des aller/retours fructueux quand les marchés s’ affolent. Car ses propres forces de rappel vont permettre de faire un profit rapide à court terme. Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas s’y risquer, l’ abstention est quand même une sage solution.
Pour faire une synthèse: il y a pléthore de bonnes nouvelles fondamentales. Enfin. Mais la cure sera pénible.
1ère bonne nouvelle : la prise de conscience par les peuples européens de la crise financière. Mais peut-être pas encore en France.
Surendettements public et privé, frais financiers ruineux, méfiance des prêteurs asiatiques et Moyen orient devant nos demandes de prêts nouveaux, hausse des taux par une prime de risque. Ce n ‘était pas nouveau mais politiquement incorrect; » il ne fallait pas le dire ! ». D’ excellents professionnels le clamaient à leurs risques et périls depuis longtemps. Tel Mr. Pébereau ou notre Premier ministre. Ils demandaient le retour à l’ équilibre du budget de fonctionnement des Etats. Ainsi que le contrôle du crédit bancaire depuis 2006 et le début de la débâcle financière US avec Bear Stearns et d’ autres. Débâcle cachée par la Fed qui n’ était pas encore obligée de publier ses interventions (on ne les a connues qu’ en 2011 !) . Bonne nouvelle: les peuples de l’ Europe ont accepté la remise en ordre. Mauvaise nouvelle: il faudra attendre les élections US pour que les américains en fassent autant. Entre temps, risque de panique sur le $ et les marchés.
En Europe tout le monde sait que la situation est intenable. Sauf chez nous ? Le rejet éventuel du Président sortant ammènerait au pouvoir des politiciens qui n’ ont clairement pas encore compris. Notre PS national refuse la règle d’or qui conditionne le maintien de l’ Allemagne en zone Euro. Un risque : s’ il gagne, il faudra une grave crise pour l’ y contraindre. Elle sera donc (inutilement) coûteuse. Son schéma a été traçé par les malheurs des PIIGS: refus des prêteurs de financer le déficit public, hausse des taux, banques en déconfiture , retards dans le versement des pensions et salaires publics, manifs désespérées autant que vaines; installation d’un gouvernement de technocrates. Ils se substitueront aux élus qui n’ont pas osé faire face. Pour réduire les déficits publics et le pouvoir des lobbyes. On aura perdu du temps et de l’ argent pour rien. Avec risque imprévisible d’extrémistes comme lorsque Mr. Chevènement réclamait notre sortie du Marché Commun en 1983 après 40% de dévaluation/DM en 18 mois .
Le risque français est donc supérieur à celui des autres pays de la zone Euro; déjà EDF et Areva sont dégradées. On y verra plus clair après Avril.
2 : Fonds propres des banques reconstitués par leurs clients.
Les refinancements apportés par la BCE la semaine dernière leur permettent d’ emprunter à 1% (et bientôt moins ?) pour reprèter à 4 ou 5. Sur plusieurs centaines de milliards d’ € : le calcul de leurs profits est vite fait. Elles les porteront en fonds propres et se hisseront ainsi au niveau requis par les accords de Bâle. Le consommateur paiera et non pas le contribuable comme dans l’ urgence de 2008. C’est politiquement plus correct. Mais le résultat est en vue. Bonne nouvelle. La crise financière se résorbe.
3 : Nous l’avons indiqué dans notre post du 18 Avril: les vrais décideurs US ont été sauvés de la déconfiture par la Fed (leur filiale), et par les QE . Il s’ agissait surtout de Wall Street et de la sphère financière. Certes aucun dirigeant n’ a été inquiété (au contraire de l’ époque Reagan qui a mis en prison un millier de dirigeants de banques et de caisses d’épargne en 1984). Mais le résultat est là. Aucune grosse banque ne sautera. Donc plus de raisons de paniquer. D’ailleurs l’ or baisse fortement et son analyse technique est franchement négative pour les prochains mois. Bonne nouvelle.
4 : Même si la méfiance mutuelle des banques les empêche de se prêter au marché monétaire, ces refinancements de la Fed et de la BCE assurent le retour à une liquidité normale pour les gros. Bien sur, l’ inflation suivra. Mais elle est désirée pour amoindrir le stock de dettes publiques. Pour les privés, ils épargnent: c’est la bonne résolution de l’ année à New York d’ après Bloomberg (www.bloomberg.com)de ce jour ! Bonne nouvelle.
Il faudra encore du temps pour que ces bonnes nouvelles produisent leurs effets. Le retour à la raison financière entraînera inévitablement des réajustements douloureux. Ex: l’ arrêt des financements publics d’ associations plus ou moins bidonnées dans les banlieues ( la masse déversée pour y maintenir le calme a été soulignée par la Cour des comptes), va faire disparaître des emplois. C’est la destruction créatrice de Schumpeter. Ne plus l’ entraver est positif, mais pas immédiat.
Les profits des entreprises locales, sauf bancaires risquent de souffrir de la baisse de la consommation qui suivra inévitablement. Mais elle n’ est pas aussi grave qu’ on ne devrait l’ anticiper si on en croit les chiffres Grecs publiés ce jour: seulement 5% de baisse. Inespéré, et qui montre que la corruption (les revenus au noir) était assez élevée pour pallier la baisse des dépenses publiques. Sommes nous en France, plus vertueux ?
Et les profits de nos multinationales demeureront boostés par l’ Asie, sauf si les bilans des banques chinoises sont aussi truqués que ceux du Japon en 1989. Et avec eux les taux de croissance officiels. De grands professionnels le disent déjà. La conséquence en serait le retour de la Chine au réalisme … et à au respect des autres. Et un ralentissement mondial que rien, à part ça, n’ annonce puisque 2011 se termine sur le chiffre historique de la croissance moyenne depuis 1815 dans le monde industriel : 3% par an . Permanence de l’ histoire….
Dans tous les cas, c‘est l’ inflation qui démarrera dès que le poids des dettes se fera moins pressant. Comme toujours. Et ce sera une bonne nouvelle financière. Raison de plus pour ne pas acheter de titres à revenu fixe. Et de rester sur les titres industriels de fort rendement. Seule une fiscalité accrue les handicapera. Ce n’ est pas encore sur.
Forte remontée des cours le vendredi 9/12 après l’ annonce des résultats de la réunion de Bruxelles le jeudi soir. Nos media claironnent les avancées de l’ Europe ; et les marchés ont été euphoriques . Est-ce réaliste ? Peut-on jouer la fin de la crise boursière ? L’ € est-il « sauvé » ? et la planète boursière avec lui ? Ou bien est-ce un hoax ?
Analyse technique : à Paris, et sur l’ Eurostox comme indiqué dans notre dernier post, il y avait de la place pour monter. Le CAC a frôlé le niveau 3250; on peut encore aller vers 3400. Mais les volumes ne sont pas revenus. Certes, nous sommes en fin d’année. Les gérants font les comptes et vont pas prendre des positions avant le début 2012. Quand même méfiance. L’ analyse indique que la 2nde quinzaine de janvier verra la fin concomitante de plusieurs cycles boursiers de très court, court, et moyen termes. Et l’ analyse par chandeliers japonais ne confirme pas un démarrage vers une reprise durable . L’ avenir n’est jamais écrit mais quand même, cela fait 2 signaux de prudence.
La volatilité demeure extrême, augmentée par le flash trading dont la puissance automatique annule les meilleurs raisonnements. Comment savoir comment les initiés aux gros moyens ont programmés leurs ordinateurs qui jouent un rôle prépondérant sur les marchés (voir notre post précédent) ?
Au plan politique : la France a clairement choisi la raison comptable (qui dirige la politique allemande) contre son laxisme antérieur. Les PIIGS semblent vouloir en faire autant. Ainsi, si le projet de traité est mis en oeuvre, les budgets nationaux ne financeront plus leur fonctionnement annuel par des emprunts à long terme. Cette règle d’or sera un gros progrès qui permettra de ne plus augmenter l’ endettement à usage de consommation. Mais… notre PS et son candidat s’y refusent. Les peuples seront-ils patients? Les politiciens de l’ opposition vont capitaliser sur les frustrations. Rien n’est encore joué, surtout pas en France où les verts ont déjà réussi à faire dégrader le rating de EDF qui paie désormais son argent un peu plus cher. La question est de savoir si le peuple a assez souffert pour accepter la réalité (comme disait Mr. Mitterand…) et voter en conséquence .
Au plan économique : Patience: l’ économie doit amortir le sur-endettement des 10 dernières années. Car il a été réalisé sans vraie création de richesses pour le rembourser selon la technique du « project financing ». Partout depuis l’an 2000, la consommation a été financée à crédit. Les salaires n’ ont pas augmenté. Les Etats, de plus, ont augmenté leurs dépenses de fonctionnement et peu investi: voyez l’ état des routes aux USA, ou de nos chemins de fer, mal entretenus; ou de l’ éducation nationale. Illusion démagogique de richesse créee par les subprimes et le crédit revolving. Le retour à la réalité après cette g. de bois sera pénible; et peu électoral. Il faudrait un Churchill ou un Roosevelt pour le faire comprendre… .
Après les crises bancaires de 2008 et de ces jours-ci (Dexia la semaine dernière, BOFA et Commerzbank demain pour ce qu’on sait), les bilans des banques ne peuvent plus rien financer; elles s’occupent d’abord de reconstituer leurs fonds propres. C’elà entretient la dépression en cours. Le souhait de tous les politiciens de l’ Europe (du sud de la Loire…) et des USA est de résorber ce stock de dettes par l’ inflation. Mais celle-ci ne pourra intervenir que dans un climat de consommation vivace: les hausses de prix sont alors acceptées par les consommateurs solvables; on en est loin. Les prix relatifs baissent, les acheteurs descendent en gamme. Les impôts augmentent car les administrations et les lobbies font de la résistance, et tant pis pour les travailleurs du secteur privé. Les invocations à la « relance de la croissance » s’apparentent aux danses du sorcier faiseur de pluie. D’ailleurs la langue de bois confond les mots « croissance » et « activité ». Ce serait déjà bien de maintenir l’ activité, et tous les prévisionnistes (Banque de France inclue) sont négatifs pour 2012. Ce n’est pas un bon climat pour une hausse des bénéfices. Et donc des cours.
Il n’ y a que l’ Asie/Pacifique pour poursuivre son retour au niveau historique qui lui revient. Nos multinationales y sont. Ce sont les vrais secteurs refuge. Mais pas immunisé contre une nouvelle panique boursière.
Donc, aucun signe de sortie de la dépression dans le monde atlantique. Elle suit son cours habituel, celui qu’on enseigne dans les bonnes universités. Elle aura donc une fin,. c’est trop tôt pour la jouer.
Conséquence: méfiance . Une reprise des cours est possible mais probablement technique et politique. Non pas fondamentale.
Mais ce raisonnement est technique. Il est donc partagé par tous les professionnels. Notamment les grands lobbies US. Il faut s’attendre à des réactions politiques pour le biaiser. Une guerre, ou un hausse massive du prix du pétrole pour relancer l’ inflation, ou les deux à la fois ? Relisez notre post « un cygne noir« .
Comme prévu pour nos clients, il y avait un peu de place pour monter. Le CAC a frôlé 3250, résistance vue par tous les chartistes. Pour améliorer les performances des portefeuilles- et les bonus des gérants – de fin d’année, le trading automatique pourrait le pousser vers 3400. Même situation sur les autres marchés. L’optimisme pourrait tenir pendant la 1ère quinzaine de Janvier . Mais cette même analyse chartiste annonce la baisse au delà. Car les marchés demeurent en « baisse séculaire », c’est à dire n’ont pas fini de reculer après leur hausse séculaire depuis 1976 jusqu’à 2007. Notre analyse demeure: 10 ans de bear market à partir de 2007 et un nouveau retour sur les plus bas de 2009, ou pire.
Pourquoi ? Alors que nos media claironnent la victoire de l’ Europe? Et que l’ Allemagne est désormais dans le même collimateur des agences de notation que les USA la France et les autres ? Sans aucun effet sur leurs écarts de taux ?
Le déferlement de propagande dans une négociation internationale rend le raisonnement difficile. Ce jour un officiel allemand déclare son pessimisme. Bras de fer de dernière minute pour préparer le prochain sommet de l’ UE ? On va probablement y annoncer quelque chose de non négligeable. L’ € sera « sauvé » à nouveau. Les PIIGS ne pèsent pas assez dans le jeu pour éviter la cure d’honnêteté politique qui les modernisera par rapport à l’ Europe du nord ( hier en 1860, même scénario pour l’ Italie du sud obligée de faire quelques progrès après l’unification …) . C’est l’intérêt de tous que l’ € ne flanche pas: la mise hors jeu des 400 millions de consommateurs et investisseurs d’Europe aurait des effets négatifs pour les USA et la zone Asie/Pacifique. Il faut donc le protéger. Mr. Ch. Gave, dans son livre et dans son interview sur BFM (podcast au 06/12, 9h) néglige ce facteur: un € solide permet aux USA une dévaluation compétitive pour rétablir leur activité par l’ export. Comme toujours. Sinon, il ne leur restera que la guerre ( cf. notre post: « un cygne noir » ) pour que tout change sans que rien ne change. Le ministre US du Trésor achève une tournée en Europe pour y veiller.
Un succès à Bruxelles permettra peut-être une dernière hausse sur les marchés.
Mais la récession continue, et avec elle la déflation des actifs et de l’activité. Le monde atlantique demeure étranglé par sa dette. Les privés remboursent de leur mieux au détriment de la consommation . Les Etats européens commencent seulement à vouloir rétablir leurs budgets. Les USA sont en plein blocage politique sans volonté d’en sortir. Il y a 10 ans de surendettement à résorber. La reprise n’aura pas lieu avant d’avoir retrouvé de l’ aisance. C’est le Ba ba de la science économique (la destruction créatrice de Schumpeter). Aucun QE aux USA ou en Europe n’y changera rien. Les incantations à la relance valent celles des sorciers faiseurs de pluie. C’est vrai qu’elle finira par tomber…. plus tard.
Conséquence : Une hausse serait l’ occasion de faire des liquidités avant la prochaine chute. Pour investir 25 à 35% plus bas sur les indices. Sauf cas particulier de gros rendements très supérieurs à celui des emprunts d’ Etat dont la qualité, sur les marchés, ne vaut déjà plus celle des grandes multinationales. Ce sont les secteurs de refuge. Car on ne peut pas exclure la folie d’un gouvernement pressé de gagner des élections ou de résorber une crise sociale par la fuite en avant. Comme dans la période 1920/1940. Les peuples ont déjà oublié que leurs économies furent sauvées quand elles étaient investies en actions Royal Dutch ou IBM, Total ou St Gobain et surtout pas en fonds d’ Etat... Leurs variations à court terme relèvent désormais du mouvement brownien.
Volatilité extrême et imprévisible. De ce fait, une action peut valoir n’importe quoi ce jour, et autre chôse demain. Sans que des règles statistiques ou de valorisation permettent d’ anticiper. Situation incommode pour investir. Cela contribue à l’ abandon des marchés actions par les « vrais » investisseurs: les volumes à Wall street sont faits à 60% par le flash trading (opérations automatiques); 30% en Europe. Donc les volumes réels de papiers achetés en vue de placer du capital/épargne sont squelettiques. Les grandes gestions et le public sont en grève des achats. Malgré les PER de sortie de crise. Et la récession s’ aggrave. C’est enfin officiel, 1er pas vers une prise conscience de l’ ineptie des relances de la croissance. Nous le disons déjà depuis 2 ans .
Hier, une soudaine décision des Banques centrales de toute la planète ont ouvert leurs guichers à toutes les (grandes) banques pour leurs refinancements de fin d’année; à temps pour l’ habillage de leurs bilans. Rien ne permettait d’anticiper cette intervention. Les marchés ont flambé: gaps partout en Europe et impossibilité de coter les ETF et produits dérivés pendant plusieurs minutes. Les vendeurs qui se croyaient protégés par des stops ont du se faire plumer.
Question: y avait-il urgence ? Un nouveau krach bancaire ? Qui ? Le relatif échec de l’ émission allemande, et les taux insoutenables des émissions Italiennes et Espagnoles auraient-ils déjà entraîné d’ autres catastrophes que Dexia ? Comme en 2007 ? Car aujourd’hui on sait: la justice US actionnée par Bloomberg a obligé la Fed à publier le détail des aides apportées, dès 2007 à Bear Stearns et Wachovia, puis en 2008, à toutes les grandes banques US qui étaient en déconfiture; elles ne pouvaient plus se refinancer. Bref, la situation de 1929… Sauf que la Fed (leur filiale ! ) leur a prêté ce qu’il fallait à taux 0, argent qu’elles ont ensuite reprêté à leurs clients avec marge, gagnant 14 milliards en quelques mois. Et ça continue, pour regonfler leurs fonds propres et absorber une partie de leurs pertes sur les subprimes ( et des indemnités qu’elles ont du payer à certains gros clients pour éviter un procès public…. ). Nous avions décrit ce schéma dans notre post du 18 Avril dernier [le debut de la fin]. Est-ce que ça recommence ?
La bourse n’a rien à voir avec la morale. Mais elle doit tenir compte de la politique. Il est évident que les privilèges et le pouvoir des grandes banques les ont mises en situation de « too big to fail ». Ce qui leur permet d’ accroitre bonus et lobbying aux risques des contribuables . Elles sont dans la situation des grands féodaux dans l’ Europe du moyen Age. Comme Standart Oil en 1910 ou ATT en 1960. Une démocratie devra les démanteler. Bonnes raisons pour ne pas en acheter avant d’en savoir plus. Mais les indices boursiers ne monteront pas sans elles . Donc prudence devant l’ euphorie de ces derniers jours, qui ramène les indices près de leurs cours du 1er janvier.
En analyse technique, à court terme les indices ont de la place pour remonter. Mais le marché demeure en cycle de baisse séculaire à échéance de 3 ou 4 ans. La hausse de fin d’année améliorera les bilans de gestion. Et donc les bonus… Elle devrait se terminer après la 1ère quinzaine de Janvier. Et, comme tout le monde fait de l’ analyse technique, les plus avisés sortiront avant …
Facebook veut venir en bourse vers Avril. Délai nécessaire pour les formalités. Le prix envisagé semble dingue: 100 fois les bénéfices de 2011, un prix juste en 2021 si tout va bien avec 0 revenu entre temps ! Dangereux. On le voit avec Groupon entre autres. On ne peut le jouer qu’ en période d’ euphorie pour un aller/retour rapide. Si Facebook est obligé de s’introduire dans un marché redevenu lourd, le prix sera moindre. Ce pourra être alors un investissement, comme pour Google ou Intel à l’ époque de la croissance. Les dirigeants et actionnaires actuels n’y perdraient rien car ils ne vendront qu’une petite part de leurs portefeuilles: 10% . Et le bear market séculaire prendra fin vers 2016.
Comme toujours, il faudrait n’ acheter qu’ au son du canon, et dans la panique. Elle reviendra en janvier prochain...
1 : Les marchés d’actions sont suspendus à ce qui se passe sur le marché des obligations d’Etat. L’Italie et l’ Espagne sont déjà tricards; ils ne peuvent plus émettre que sous la protection de la BCE et payent des taux proches de l’ usure. Les émissions françaises ont pris le même chemin. Du coup, les banques qui portent ces obligations dans leurs portefeuilles, sont attaquées. Bref, les hyènes rodent autour de l’ Euro, en attendant de s’ attaquer à la dette américaine. On le sait: aucun marché ne peut monter sans le secteur bancaire qui pèse entre 25 et 35% des indices. Car la gestion indicielle homogénise les performances des grands titres.
2 : En France, l’ accord électoral entre le PS et le parti dit « écologiste » troque le quart de la production électrique du pays contre des arrangements électoraux. Si le succès du candidat de gauche demeure encore incertain, l’ accord révèle le fossé entre le milieu politique et la réalité du monde moderne avec sa culture scientifique. Un précédent célèbre reste en mémoire: celui du refus des divisions blindées qualifiées de « impérialistes » et du moteur dans l’ armée en 1937 par le même parti socialiste, au motif que la France préférait son »carburant national » ( l’ avoine pour les chevaux…) . Le vent et le solaire relèvent de la même inculture. Donc le pire est de nouveau à considérer. Cela ne peut pas rester sans conséquences sur les mouvements de capitaux dans un univers mondialisé. Les grandes gestions risquent d’arbitrer contre les valeurs du CAC comme elles le font déjà contre nos bons du Trésor. Ce n’ a pas tardé pou EDF dégradé en raison du risque politique par Moodys, et qui paiera donc ses emprunts plus cher …
3 : En Allemagne, on est clairement décidé à pousser les réformes (en fait la limitation de la corruption ) chez les pays du club-med ( et en France…), à les mettre en tutelle, et à n’ intervenir au secours de leur dette en € qu’après la mise en oeuvre de leurs plans de redressement. Car la crédibilité de leur milieu politique est nulle. Mais un point de rupture peut être dépassé; les peuples s’énervent, des extrémistes tentent leur chance, et des risques de troubles civils existent.
Conséquence : Pour une gestion de portefeuille, la situation est devenue délicate. De nombreuses valeurs internationales à Paris et sur l’ Eurostoxx sont revenues à des niveaux de sortie de crise, avec des PER inférieurs à 10. Mais quelles perspectives y-a-t-il si le fanatisme politique s’en mêle ? EDF, comme RWE en sont des exemples qui risquent de se répéter sans qu’une logique industrielle permette de prévoir la suite. Pourquoi pas les Télécoms ? Ou les banques ? Ou la distribution ?
3 : A ces observations, s’ajoute une analyse technique qui tourne à la baisse. Des volumes nuls, des plus hauts de moins en hauts, des moyennes mobiles cassées de plus en plus souvent à la baisse. Si une hausse très court terme est possible vers 3250/3400 sur le CAC , elle apparaitrait comme un piège, un bear trap avant un retour sur les 2600, ou même les 2000 qui ont servi de socle à la hausse depuis 1984. C’est un fait d’expérience: il y a toujours une panique finale, qui offre de merveilleuses occasions (pendant quelques jours), dans les fins de marché baissier. Surtout dans un cycle à long terme.
On n’ y est pas encore.
Depuis 2 ans, notre thème principal: dépression boursière et économique. Même si leurs cycles ne coïncident pas . Les marchés anticipent toujours. La dépression devrait se terminer vers 2015/2016 selon l’ expérience séculaire décrite par les grands économistes depuis Kondratieff et Juglar jusqu’aux prix Nobel d’aujourd’hui. Une dépression dure le tiers de la durée de la croissance séculaire précédente (de 1976 à 2001, prolongée jusqu’à 2007 par les excès du crédit de 2002, voir nos posts précédents) . Pendant ce temps, stagnation du niveau de vie et chômage en Europe et aux USA. Et les peuples râlent au risque de faire des émeutes ( car quelle révolution, dès lors qu’il n’ y a plus d’idéologie appropriée ? , les têtes changeront, voilà tout).
En conséquence, nos portefeuilles ne contiennent que des actions de grandes sociétés aux bilans assainis, voire très liquides, et des valeurs d’intérêt local , les 2 avec de gros rendements.
Question ce jour: la crise de l’ € peut-elle modifier ces cycles ? Ou même aggraver la situation de l’ économie et retarder la sortie de la crise ? Et justifier une révision de notre stratégie vers plus de liquidités et des titres à revenu fixe mais très faible ?
Réponse: probablement non. Le bruit et l’agitation autour des malheurs de la Grèce et des inquiétudes sur l’ Italie sont des nuages de fumée pour occuper les opinions publiques en attendant la reprise à l’ échéance ci-dessus.
Analyse: la rivalité est vive entre les deux bords de l’ Atlantique, et on ne se fait pas de cadeaux. Or les USA ont deux problèmes :
1 : La suprématie du $ est menacée par l’ émergence du yen et de l’ € . Or c’est le rôle du $ comme étalon international depuis 1942 ( sinon 1918…) qui garantit aux USA le financement de leur appareil militaire mondial, et leur protectorat universel, ou presque. Pour le profit de leurs grandes sociétés. et (parfois) de leurs actionnaires.
2 : Le système politique américain est en crise ; il peine se réformer . Le complexe militaro-industriel est plus coûteux que jamais alors qu’il n’y a plus d’ennemi agressif ; la vie politique est clairement aux mains des grandes banques dont les « contributions électorales » dépassent les records. Il n’ y a pas eu d’amélioration du niveau de vie depuis 11 ans, seule l’abondance de crédits a permis l’illusion de la richesse. La conséquence en est que les budgets publics sont en situation pire que ceux de l’ Europe. Seule une inflation massive permettra d’apurer une partie des dettes publiques, cependant que le consommateur privé se serre la ceinture pour épargner et rembourser les siennes.
Enfoncer l’ Europe est donc une fuite en avant, car elle ne résoud aucun de leurs problèmes, mais politiquement avantageuse.
Les medias, les partis d’opposition , l’ inquiétude bien légitime des salariés du secteur privé: toute cette agitation en Europe , et la paranoïa qui va avec. Cela pourrait déboucher sur une remise en cause de l’ € et un affaiblissement de l’ Europe. C’est l’ intérêt de la classe au pouvoir aux USA. Et donc l’ objet de sa diplomatie. On comprend que la Chine ne veuille pas s’en mêler.
Mais pour nos placements, les fondamentaux demeurent. On s’approche de la fin du cycle baissier séculaire. De nouvelles grandes entreprises européennes se sont révélées leaders mondiaux : ce matin, c’ est Sanofi qui devient n° 1 mondial de la pharmacie. BNP révèle un bilan solide malgré 100% de provision sur la Grèce et en ayant réduit ses créances sur l’ Italie . EADS ou Siemens ou Alcatel passent avant leurs concurrents US sur les marchés asiatiques. Ce sont des signes qu’ au delà de la fumée médiatique/politique, la vie continue. Les vrais rapports de force se révèlent. La décision de ce jour prise par Allemagne et France de choisir l’ € contre la Grèce est donc une bonne nouvelle.
Donc, il faut garder et même racheter des titres de grandes entreprises internationales, leaders sur leurs marchés; et ceux qui distribuent de gros dividendes bien assurés pour plusieurs années.
Un nouveau krach dû à la sortie de la Grèce ? c’est la diplomatie US qui l’ avait imposée, comme elle a tenté de faire entrer la Turquie ou l’ Ukraine, et les tribus d’ Europe centrale ces jours-ci. Ce serait une simplification pour l’ Europe. En bourse, ce krach serait une belle occasion pour se renforcer à très bon compte. Quand la fin de la dépression sera en vue, les cours flamberont .
Il semble que c’est le message des marchés ce jour …
On ne doit pas gérer des portefeuilles dans l’ urgence de l’ actualité. Une stratégie se définit et se suit . La nôtre demeure le fait d’une récession et la nécessité de prioriser le rendement, puisque la croissance n’est pas là. Il faut de bonnes raisons pour changer de stratégie. Une réunion de ministres n’en est pas une …
Il semble, quand même, que la pression des marchés pour un rééquilibrage des budgets publics en Europe soit en train de faire céder les partis politiques. Non seulement par leur dévouement et leur intelligence (qui sont hors de question). Mais aussi par leur peur. Ainsi s’expliquent les excuses immédiates de Mr. Baroin relevées dans notre précédent post, devant le trop gros mensonge sur le quel il a fondé son projet de loi de finances. La dégradation( « prochaine »: c’est une bonne manière car elle est techniquement acquise), du rating de la France qui a été annoncée va coûter tellement cher en intérêts qu’il a du réagir. Même scénario il y a 2 mois en Italie quand la ligue du Nord a menacé de s’allier aux socialistes pour faire dérailler le plan de redressement de Mr. Berlusconi: la BCE n’a plus soutenu les emprunts italiens dont le taux a flambé; le lendemain, chacun revenait à son devoir.
Du coup, il est possible de penser qu’il pourrait sortir quelque chose de ce week end. Un FSEF dimentionné aux limites du problème ? C’est aussi l’ intérêt des banques US qui souffriraient beaucoup d’ une faillite de l’€ et des marchés européens. Le $ entrerait surement dans le collimateur de tous les traders du monde, et son rôle international avec. Même la Chine souffrirait car elle n’a nul intérêt à une crise majeure chez ses clients (surtout que les anglo-saxons sont capables de tout quand ils sont dans l’urgence, disait De Gaulle) . Elle peut même contribuer à une solution via le FMI: on lui dira merci d’y prendre plus de place.
L’ analyse technique des indices et d’abord de ceux des banques montre une tendance à la hausse; le SPII bancaire US est à la limite de casser sa résistance; celui du Nasdaq aussi. Ce jour, les actions du secteur bancaire font mieux que se tenir. Ce sont des signes que de grosses mains anticipent plutôt du positif. Et les grosses mains sont toujours initiées.
Un coup est possible. Il confirmerait l’ analyse graphique qui anticipe un CAC à 3500 au moins . C’est après, qu’ une nouvelle baisse serait probable, dans l’état actuel de l’ analyse, pour piéger les optimistes qui ne croient pas aux grands cycles de l’ économie: la dépression de l’ activité en occident n’est pas terminée tant que l’ endettement n’ est pas revenu sous des limites classiques. Vers 2016 ? Notre stratégie n’ a pas changé.
Entre temps, il peut y avoir de l’ argent à gagner.
Mr. Baroin (notre ministre des finances) reconnait publiquement que le projet de budget de la France pour 2012 est truqué (Nota: l’ auteur de ce blog maîtrise la langue de cour, mais préfère la langue ordinaire). Car fondé sur une prévision de croissance de 1,8% quand la dépression nous donnera au mieux 0% . Comme les salaires de la fonction publique augmenteront de 3% et qu’ils font la moitié des dépenses de fonctionnement, le déficit va donc augmenter. Malgré quelques recettes de hausses d’impôt, telles la surtaxe sur les hauts revenus de plus de 300 000 €, ou une taxe sur les sodas, des « recettes de poche » comme on enseigne à l’ ENA. Même situation en Grèce .
Du coup l’ Allemagne annonce qu’il n’ y a pas de refinancement à attendre de sa part dimanche prochain. Et Moodys confirme la prochaine dégradation du rating français, processus déjà commencé avec celle des trois banques il y a 1 mois. Moodys en rajoute en notant ( en langue de bois) que l’ »élection prochaine suscite des inquiétudes », traduction: les socialistes n’inspirent pas plus confiance. Pour ce blog qui anticipe sur les media officiels, le renchérissement du premier poste de dépenses dans le budget (celui des intérêts de la dette) sera dramatique, et propre à une prise de conscience.
Pour nos placements, ce jeu de la vérité est plutôt positif . Comme indiqué ici, le retour à la réalité est une condition nécéssaire du retour à des finances saines et donc, à la croissance. Mais seule la pression des faits peut l’imposer à l’opinion publique. Les marchés « parlent poliment avec un gros bâton à la main »… Sans cette pression, les peuples préfèrent le laisser-aller.
Peut-on déjà croire à la sincérité des élites politiques pour cesser de faire du déficit à crédit ? Non: ils n’ont pas encore intégré cette nouvelle donne, dans laquelle les marchés ne prêtent plus. Il faudra de nouvelles paniques pour les y contraindre. Avec ou sans les socialistes qui veulent « réenchanter le rêve français » Et surtout, la remise en ordre des finances US est remise à 2013 après leur élection. Entre temps, Wall Street va continuer son jeu de casino que rien ne lui interdit.Nous n’avons pas de complexe à avoir: la classe politique américaine n’est pas plus sage, ouverte sur le reste du monde, ni courageuse que la nôtre...
Peut-on revenir à l’achat , sauf en trading ? De nombreux cours sont déjà bradés. Les entreprises internationales font de bonnes affaires en Asie et ailleurs. Les publications d’IBM le montrent; celles de StGobain ou Michelin, ou Alcatel depuis 5 trimestres le confirment. La récession n’est pas pour elles, ou pas beaucoup. Nous l’avons indiqué depuis longtemps: des entreprises internationales qui gagnent bien leur vie en Asie, cotées au tiers des fonds propres, avec des dividendes alléchants quand les taux d’intérêt sont à 3%, des caisses pleines de cash. Pour un investisseur de long terme, ces cours sont alléchants. Pour le particulier qui ne peut pas anticiper sur une durée de plus de 5 ans, il faut craindre que la pression internationale et la panique ne fassent plonger les cours à leur niveau post-Lehman. 2600 sur le CAC comme indiqué ici.
Nous maintenons notre analyse, la même depuis plus d’un an: la fin de la dépression économique ne sera pas en vue avant 2013/2014. Le désendettement sera alors en marche pour les Etats et les particuliers. ce sera la fin du cycle de surendettement (mais pas du cycle économique de l’ hiver Kondratieff) né des attentats du 9/11 et de la réaction paniquée des USA. La bourse anticipera, comme toujours. Comme entre 1976 et 1981; ou entre 1933 et 1937.
L’analyse technique indique que la hausse peut se poursuivre en Europe. Le CAC peut toucher 3500. Mais ce serait l’amorce d’un bull trap avec pour risque le retour, une 3ème et dernière fois, sur 2600. Il faut des nerfs pour supporter cette volatilité. En attendant, du gros rendement sur des valeurs paisibles devraient permettre d’attendre au chaud. La recap des banques serait toutefois à jouer car déjà classées TBTF, elles seront alors assainies et précéderont la remontée des indices. Cette recap, quelle que soit son origine, est sans doute dans les cours.