Notre scénario écrit ici depuis le 18/04, et confirmé plusieurs fois, se déroule . L’ € est attaqué massivement par « les marchés », c’est à dire les fonds et salles de marché des grandes banques. Donc par les financiers US et ceux qui en dépendent. En réponse, l’ Europe se chamaille. Entre l’ arrogance des protestants du nord, et la corruption/copinage des pays du club-med, mésentente totale. Seule la BCE fait son travail, et la discorde se met chez elle-même comme chez l’ ennemi (vieille stratégie) …: démission fracassante d’un de ses cadres sup qui raconte ses états d’âme. Il n’y a pas de pilote dans l’avion. Hier Lundi 12, on comptait sur la Chine pour sauver l’ Europe, comme notre milieu politique sur les USA en Juin 40… La capitulation est proche.
Dans ce désordre, pour nos clients, une seule ligne de conduite: éviter de philosopher sur la politique, et s’ accrocher aux fondamentaux des entreprises et des marchés. Ils finissent toujours par revenir à l’équilibre, alors que nous sommes désarmés devant ces combats de chefs et ces cafouillages (Berlusconi publiant un plan d’ économies plus sérieux que le nôtre, puis l’annulant devant des manifs et des trahisons de ses alliés, puis y revenant après que la BCE ait laissé tomber les fonds italiens dont les spreads ont alors flambé, le tout en 5 jours !).
Chez Global Equities vous trouverez dans son dernier weekly, une liste des décotes des valeurs de l’ Eurostoxx et du CAC sur leurs fonds propres: à part de rares valeurs, ca va de 75 à 30%. Avec des dividendes plantureux et de la trésorerie en masse. Au point qu’elles rachètent leurs propres actions. Quand elles vendent et produisent dans le monde entier, il s’agit de cours de braderie. Car le monde n’ est pas en récession. Surtout pas l’ Asie ni l’ Amérique du sud; même les USA gardent un modeste taux de croissance. Alors, de la propagande pour faire tomber les « mains tremblantes »?
Justement, il y a le spectaculaire des banques, françaises notamment. Sans être parano, on peut se demander si leur effondrement est justifié ou plutôt s’il s’agit d’une manip pour les éliminer des marchés mondiaux. Sur les quels elles taillent des croupières à Wall Street, comme EADS le fait à Boeing, ou Siemens à GE. S’agissant de la BNP ou du Crédit agricole, leur solvabilité parait sans problème. L’expérience enseigne que ce genre de titres se multiplie par 3 à 7 quand le calme revient.
» On n’ achète jamais au plus bas » ; mais on achète au son du canon. Les rumeurs de marché ne sont jamais innocentes. Alcatel, ou BNP, Cap G ou Vivendi, Eon, RWE ou les assureurs allemands etc. ne vont pas faire faillite. La panique est toujours mauvaise conseillère. Nous attendions 2600 sur les CAC. On y est presque. Il n’ est pas exclu que l’ offensive pour déstabiliser l’ Union Européenne le conduise plus bas. Plus bas que le krach Lehman, vers 2400. Mais il est raisonnable de commencer à rentrer sur le marché des actions. Ou alors, on considère que tout est perdu et c’ est toujours une absurdité.
Krach en cours sur les actions. Comme prévu. Depuis que Mr. Bernanke a décidé de laisser la récession suivre son cours normal (comme expliqué dans nos posts précédents, surtout celui du 18/4). Les obligations restent à des taux très bas et ne rapportent presque rien, surtout après impôts. Explications invoquées (!) par les media: la crainte d’une récession. Elle même causée par l’ incapacité financière des gouvernements à relancer la croissance.
Comme s’ils en avaient le pouvoir ! Car ce krach relève d’abord d’un dérèglement de la finance internationale. Et du laxisme des autorités qui ont voulu poursuivre le cycle de croissance, à bout de souffle en 2000 des années Reagan. La paranoïa née du 9/11 a « justifié un endettement massif et désormais insupportable . Pour les particuliers (crise des subprimes et des cartes de crédit) et leurs banques: c’est la cause du krach de 2007. Mais les gouvernements ont repris une bonne partie de cette dette à leur compte. Pour sauver les grandes banques, quel qu’en soient les raisons inavouables ou techniques invoquées. Et maintenant, ils sont à leur tour en déconfiture. Ils ne peuvent plus emprunter pour faire du Keynésianisme , c’est à dire pour relancer la consommation et l’ investissement. Leur crédibilité est trop faible. Les prêteurs soupçonnent que ces emprunts ne serviraient qu’ à boucher des déficits de fonctionnement, donc seraient improductifs. Et non pas à faire de l’ investissement. On verra si Mr. Obama le 8/9 annonce de vrais grands travaux d’infrastructure. Mais les réactions des politiques et des lobbys devant l’ exigence de l’ équilibre budgétaire ne valent guère mieux aux USA qu’ en Europe du Sud: c’ est toujours le chacun pour soi et tant pis pour la Nation. Donc, pas de confiance populaire dans les dirigeants politiques… les peuples ressemblent à des troupeaux qui n’ ont plus de berger. Ceux de Panurge font aujourd’hui des grèves et des manifs.
Du coup, ce sont les grandes entreprises internationales qui conservent le meilleur crédit. Et leurs dirigeants qui inspirent le plus confiance. Elles ont assaini leurs bilans depuis 2007. Regorgent de cash: ex: Google, Microsoft, IBM, Berkshire Hattaway, les pétroliers etc..Elles ne savent plus où investir puisque le consommateur est saturé de dettes. Et n’ est plus solvable. Les perspectives de chiffres d’ affaires sont donc moroses.
Du coup, ces entreprises commencent à racheter leur capital: en France: Bouygues, GDF et d’ autres. Dans la récession elles ne voient pas de meilleur emploi pour leur trésorerie. Parce qu’ elles ne veulent pas accroître leurs capacités de production. Et que l’ argent à court terme ne rapporte rien.
C’est le premier signe classique que les marchés doivent être proches de leur plus bas.
Un autre: Décote massive sur les fonds propres (Peugeot doit décôter de 50% !). Comme si des faillites de grands groupes industriels étaient imminentes. Ou bien de grandes banques alors qu’ elles sont désormais toutes garanties par le dernier accord de Bâle. Les PER sont ceux des sorties de crise. La panique a fait vendre le plus grand nombre des « mains tremblantes ». Il n’ en reste sans doute plus beaucoup.
Seules des considérations techniques et politiques empêchent de se lancer dans des achats de titres de qualité.
Techniques: l’ analyse conclut qu’ un retour vers 2600 pour le CAC est probable et serait un bon point d’ entrée. Cela faisait sourire certains de nos amis il y a 3 mois quand on envisageait 4500… Mais les indices de New York ont encore peu souffert en comparaison de ceux de l’ Europe. Une baisse de moins de 20% n ‘est peut-être pas encore suffisante.
Politiques: la guerre entre l’ € et le $ bat son plein. La faiblesse du $ est masquée par les inquiétudes sur l’ €. Elles mêmes dues à l’ absence de politique européenne coordonnée aux plans économique ET politique (rappel: Mr. Kissinger disait: » l’ Europe ? quel est son n° de téléphone ? « ). Les banques et donc les marchés, craignent que ce ne soit le chacun pour soi, sauve-qui-peut. Avec en plus l’ arrogance vaniteuse des protestants du nord envers les pays du club med, et la corruption endémique de ces derniers. Ces problèmes culturels compliquent la définition d’une solution. Il faut attendre pour savoir comment l’ € sortira de cette guerre. Car dans le milieu politique, le pire, c’est à dire le bricolage à court terme n’ est jamais à exclure.
On le saura bientôt. En attendant, les entreprises saines les plus exportatrices, et celles qui rapportent des dividendes élevés sont, objectivement, à des cours d’ achat.
Mr. Bernanke ce vendredi 26, annonce qu’ il va laisser le cycle économique en cours se dérouler sans chercher à le ralentir. Moins encore à l’ infléchir. Enfin. L’intervention des autorités publiques est, le plus souvent, contre-productive. Comme les niches fiscales, elle sert les lobbys les plus puissants au détriment de l ‘intérêt général. Ce fut le cas après la faillite de Lehman: il fallait sauver le système bancaire, certes. Mais on a surtout sauvé les directions générales des banques. Les mêmes ont pu ainsi conserver leurs avantages… sans payer le prix de leurs erreurs. Et recommencer. Les Scandinaves et Islandais, plus démocrates, n’ ont pas eu ces faiblesses….
Il reverra sa position plus tard, quand un vrai consensus se sera rétabli à la Fed. Car visiblement, un nouveau QE ne faisait pas l’ unanimité. En effet, la dépression se poursuit malgré le QE2 . Celui d’ Août 2010 n’ a servi à rien: immobilier et chômage demeurent au fond du trou, même si les Keynesiens disent que sans lui, ce serait pire. L’Etat US ne peut plus imprimer de papier-monnaie sans risquer des incidents diplomatiques avec ses grands créanciers… aux quels il ne peut pas faire la guerre. Une éventualité ( comme disait Churchill ) de moins ! La tournée du VP Biden en Chine la semaine dernière a sans doute permis aux Chinois de mettre les points sur les i.
Pour nos placements , 2 conséquences. Il faut d’ abord se rappeler que les marchés boursiers anticipent, et que leur cycle n’ est pas corrélé à celui de l’ économie. Depui 8 semaines, ils anticipent la dépression, nous l’ avons signalé ici. Elle est maintenant un fait accompli. On peut commencer à anticiper la suite.
La baisse récente est peut-être suffisante à court terme. De nombreuses valeurs sont arrivées à des cours de sortie de crise boursière. Avec des PER entre 8 et 10.. 6 pour l’ automobile européenne, pourtant mondialisée ! Et des dividendes qui sont supérieurs à ceux des taux privés de bonne qualité (ceux des Etats sont « dirigés »). Certes l’ analyse technique annonce encore de nouveaux plus bas: 2600 sur le CAC, et 1000 sur les SPII. Mais une reprise peut intervenir avant, et les vendeurs short solder leurs positions. Cela ferait une volatilité autour des cours actuels.
Et puis, historiquement, une grande baisse se fait toujours en 2 temps. Si les creux de Mars 2009 sont la 1ère phase, un retour aux environs serait la 2nde. On en est proche.
1: le vrai risque désormais , c’ est la panique des actionnaires. Vendre à tout prix pour se débarasser de la peur: y-a-t’ il du sens à vendre du Vivendi, Pages jaunes ou des telecom sur des rendements à peu près assurés de 11/12% ? Sauf hausse massive des impôts sur les sociétés, leur excellente visibilité leur retire tout caractère spéculatif. Les gens qui épargnent pour leur retraite et réinvestissent leurs dividendes verront leur capital doubler en 10 ans après impôt par capitalisation à 8% net après impôt de 30%. De plus, on évite l’ inflation qui a toujours ruiné les porteurs d’ emprunts d’ Etat, tellement plus surs!…comme ne le confirme pas l’ expérience des 100 dernières années.
2 : Le retour des autorités publiques aux budgets équilibrés est une excellente nouvelle. Pour tout le monde atlantique. Les dirigeants y auront été contraints par la nature des choses, comme disait De gaulle. Ce sont « les marchés » ( la bête noire des dirigistes) qui ne veulent plus prêter. Mais qu’ importe. Donc le cycle économique dépressif se terminera, une sortie du tunnel devient possible. Ce qu’ elle n’ était pas avec les QE et autres relances à crédit qui polluent la vie publique depuis l’ an 2000. Notre post du 18/4 dernier a donné l’ explication politique des développements en cours. Confirmée par la suite.
Conséquences: ne pas bouger. Revendre les achats suggérés (trop tôt, un krach est toujours surprenant) ces derniers jours sur une éventuelle reprise pour faire des bénéfices et des liquidités. 2012 sera globalement négatif, au mieux nul. C’est dans ces conditions qu’ on fait les meilleurs placements. Comme toujours, acheter au son du canon…
Reprise probable sur les marchés boursiers. Ils sont survendus, et « on » espère encore que les banques centrales vont relancer la « croissance ». Mais ce n’ ira pas loin.
1 : « on » , c’est les media. Ils n’ont aucune influence sur les grandes décisions. Mais ils peuvent désinformer l’ opinion publique et les responsables politiques Leur relatif optimisme est un signe contrarien classique: ils ne croient pas encore à la récession. Et conseillent encore d’ « acheter sur les creux ». Ils continuent d’ employer leur langue de bois dans la quelle la « croissance » est devenue synonyme de « activité ». Et de croire que le dirigisme étatique l’ emporte sur les lois de l’ économie: la relance …
2: les leading indicators pointent partout vers une dépression. Elle sera sensible vers la fin de l’ année. Le consommateur US demeure sonné par le chômage et l’ immobilier. Son sentiment est devenu lourdement négatif. C’est lui qui fait 70% de l’ activité economique. Les USA ne repartiront pas sans lui. Idem en Europe. Et les émergents ont commencé à ralentir à leur tour.
3: Comme indiqué ici le 18/4 dernier, et à nouveau dans notre précédent post, il y a maintenant consensus chez les décideurs pour rétablir la santé des finances publiques. C’est une priorité pour l’ avenir de nos enfants…et de nos retraites. Il est politiquement devenu correct de le dire, et d’ agir en conséquence. Ca passera par la réduction des dépenses publiques et donc par une baisse d’ activité. Pas de risques pour les grandes banques. Elles sont désormais sécurisées (derniers accords de Bâle) et peuvent passer le cap de la 2nde phase de la dépression sans trop de casse, ce qui n’ était pas vrai en 2008. Un problème de moins pour les Banques Centrales.
3 : enfin, dernier clou du cerceuil, l’ analyse technique révèle le début de la 3ème vague d’ Eliott, et celle des chandeliers japonais la confirme. La hausse des prochains jours sera un « Dead cat bounce ». Le cycle classique suit son cours. Sortie de dépression vers 2015, l’ année 2012 sera difficile en bourse et partout.
Conséquences: tout converge vers un 2nd creux. Sur les cours, et sur l’ économie (le double dip,tellement craint par Mr. Bernanke, s’ il dit vrai: mais peut-on le croire? ). La Chine et les grands émergents empècheront la fuite en avant de la Fed dont ils sont les grands créanciers. Rappel, et ce n’ est pas cynique: la « relance » par la guerre façon 1940 n ‘est plus possible depuis que toutes les grandes puissances sont nucléaires….. C’est la seule bonne nouvelle.
Pour agir: les achats faits dans la panique de cette semaine devraient être très vite payants. Sous condition d’ en sortir vite. Sur le CAC, vers 3400/3500 ?
C’est dans la phase de chute suivante (vers le niveau post-krach Lehman?) que les plus belles occasions vont se présenter. Sur de grandes valeurs internationales qui continueront à gagner de l’ argent mais qui seront revenues aux PER entre 7 et 10. Comme toujours. Le signal d’ achat sera la convergence de commentaires apocalyptiques, et de pessimisme sur les indicateurs de sentiment tels le VIX, dans des volumes élevés.
Ce prochain creux sera le dernier avant la fin de l’ actuelle dépression. On y vient. Impossible de le prévoir avec précision. Ce sera un risque à prendre, car l’ opportunité ne se présente que 2 ou 3 fois par siècle.
Une bonne nouvelle parce que, enfin, les politiciens sont devant leurs responsabilités. Il va leur falloir délivrer, « payer leur avoine » comme on dit dans le milieu hippique…Ils n’ ont plus de choix. La sanction est en cours.
Le krach surprend par sa violence. Comme toujours. Mais, dès le 18 avril , et à nouveau dans notre dernier post, nous anticipions un décrochage. A cause de la « complaisance » et des bavardages des autorités politiques aux USA comme dans plusieurs pays d’ Europe. 30 ans de déficits budgétaires financés à crédit : ça suffit. Tel est le message des autorités économiques, qui s’ expriment par le marché. Et qui ont les moyens de se faire entendre.
Le crédit des états ( atlantiques) est devenu nul. Celui des grandes entreprises est excellent, comme la plupart de leurs bilans. Les grandes banques ont reconstitué leurs fonds propres et sont sorties de la déconfiture du krach Lehman. Les grandes entreprises sont bourrées de cash et n’ ont même plus besoin d’ emprunter
Par contre, les politiciens continuent à ne pas faire leur boulôt. . A ne pas arbitrer, gouverner. Tous les lobbys continuent à obtenir des faveurs… et les plus riches aux USA et en Europe (pétrole et gros revenus) continuent à ne pas payer d’ impôts sans justification autre que leur pouvoir de nuisance. Jusqu’ à présent, le marché avait financé les déficits. Désormais, il ne veut plus. Et les politiciens devront en tirer les conséquences. La première: risquer d’être impopulaires en supprimant les subventions et les privilèges des catégories sociales les mieux placées. Ils pourraient être renversés? Des partis de gauche pourraient arriver au pouvoir? Le « grand capital » (ancienne phraséologie de la gauche) s’ en fiche. Il est mondialisé et l’ Asie lui offre des occasions d’ investir et de prospérer. Son exigence: Il faut réduire réduire les dépenses et remettre de l’ ordre dans les finances publiques. C‘ est aussi l’ intérêt de l’ Etat US. Sinon, sa monnaie perdra son statut central dans le monde… si ce n’ est pas déjà fait. SPII n’ a surement pas pris sa décision par hasard et sans se concerter avec ses clients et actionnaires, bien sur.
C’est aussi ce que dit Mr. Trichet assez brutalement pour être entendu même des sourds.
En France, la réforme des retraites est bien engagée. Le PS n’ osera pas l’ annuler: SPII vient de nous donner une médaille. Le budget public devrait revenir à l’ équilibre en 2014. Difficile ? De Gaulle revenu au pouvoir en 1958, n’ avait eu besoin que de 2 exercices pour y parvenir. Question de volonté.
Voilà pourquoi la panique actuelle est utile. Elle force la main des partis et des politiciens. Comme en Grèce. Les syndicats pourront bien bloquer les services publics: le monde s’ en moque. La dépression, en cours pourra alors se dérouler normalement et donc aller vers sa fin que les QE avaient seulement retardée ( cf. nos posts précédents).
Le processus est en marche. Les volumes montrent qu’il y a déjà des acheteurs, plus audacieux que la foule affolée par des media peu compétents.
Pour nos clients, il y a déjà de très belles occasion d’ achat. Sur des PER de sortie de crise, entre 7 et 10. Comme annoncé ici. Les cours remonteront quand les gouvernements auront fait leur travail. Comme toujours, 1 an avant la sortie officielle de la dépression.
Comme prévu, les USA n’ ont pas renié leurs emprunts. Pas plus que la Grèce hier. Ni aucun membre de l’ OCDE demain. Les alarmes lancées par les analystes n’ avaient pas d’ autre objet que de créer de la volatilité sur les marchés, source de profits pour les salles de marché.
Mais il est probable que tous les politiciens, aux USA comme en Europe, n’ont plus de choix. Ils sont forcés de comprendre qu’ il faut remettre les finances publiques en ordre. C’est à dire ne plus voter de budget de fonctionnement en déficit. L’ emprunt doit être réservé aux investissements qui créent de la richesse et donc, permettent son remboursement, projets self financing. C’est la règle dans le secteur privé: aucune banque ne devrait prêter à 10 ans pour financer le remplissage de ma cuve de fuel pour l’ hiver prochain ( comparaison faite par le mythique A. Meyer de Lazard devant la politique de nos socialistes en 1983! ). TROIS conséquences:
1: la fin de l’ Etat providence qui fonctionne à crédit: les marchés ne prêtent plus, il faut donc faire de arbitrages et prendre des décisions, même si elles créent des dégâts dans l’ opinion (une citation de De gaulle). Tant pis pour les grèves, manifs, élections. Les têtes des chefs(?)politiques changeront mais ce n’ a pas d’ importance. L’Espagne y passe en Octobre et rien ne prouve que le gouvernement sera battu par les indignés. Ni Mr. Sarkozy peu après. « crédit est mort, les mauvais payeurs l’ ont tué » pouvait-on lire dans les épiceries d’ autrefois; les Etats ne trouvent plus de prêteurs volontaires. S’ils veulent habiller Pierre, il faudra déshabiller Paul et non pas émettre un bon du Trésor. Bref: gouverner.
2: la signature des grandes entreprises internationales vaut mieux que celles des Etats du monde atlantique. C’est nouveau et symptomatique. Il vaut mieux être créancier d’ Apple ou GE, de St Gobain, Air Liquide ou Renault. Leurs bilans sont sains et leurs produits se vendent dans le monde entier, surtout celui qui n’ est pas en dépression, l’ Asie. A la fin de la dépression, leurs actions seront en tête de ligne pour revenir à de meilleurs valorisations, alors que les emprunts d’ Etat seront mités par l’ inflation et la hausse des taux.
3: la dépression va maintenant dérouler son cours normal, retardé par les QE 1/2 ou nos plans de relance. La science économique nous avait bien dit que ces plans ne serviraient à rien. Mais le mythologie socialiste/dirigiste leurs attribuait des vertus de relance tellement populaires auprès des petites gens et des intellectuels…Maintenant, les politiciens n’ arrivent plus à faire semblant d’ y croire: Mr. Hollande a publiquement rabroué sa concurrente qui annonçait des hausses faramineuses de crédits pour ses amis…
Retour à l’ arythmétique basique: 2+2=4, non pas 5 ! Nous allons faire comme les allemands pour leur réunification, mais ce sera plus pénible car ils l’ ont fait dans une période de croissance alors que nous sommes en dépression. Donc, risque d’ accroissement du chômage, baisse de la consommation, faillites des plus faibles dans le cadre de la destruction créatrice décrite par Schumpeter. Et troubles sociaux qui ne seront que des émeutes puisqu’ il n’ y a pas de solution de rechange. Il n’ y a plus que dans les syndicats de la fonction publique qu’ on trouve encore des révolutionnaires anti-capitalistes…
Conséquences probables: fin de la dépression après son cycle normal, vers 2014/2016( l’ économie est comme la médecine, une science autant qu’ un art). Et de nouvelles paniques boursières accompagnées de forte volatilité.
Conséquences pour notre stratégie:
Nous attendions le CAC vers 3300. On y est presque. Et l’ analyse technique est, elle aussi, un art autant qu’ une science. Il est temps de changer de perspective. Surtout quand les analystes et les media nous annoncent l’ apocalypse. Voyez notre post du 18/4: le processus est en marche. Rappel:le cycle boursier n’ est pas corrélé à celui des PIB, il l’ anticipe. De combien? Le creux de la dernière baisse séculaire (celle de 1968 à 1982) a été atteint en 1976 avec un premier bottom, puis un second en 1982 quand Mr. Reagan a fait monter les taux à 18% pour étouffer l’ inflation. Ce fut le démarrage d’un décuplement du Dow en 15 ans. Dans la baisse séculaire en cours, le premier bottom est celui de Janvier 2009. Un second serait donc l’ occasion de revenir sur le marché.
Nous avons déjà indiqué que les banques et assureurs »systémiques » sont assurés par les banques centrales de la pérennité (accord de Bâle). C’était immoral, mais nécessaire. Les grandes entreprises et celles qui sont assurées de la perennité de leurs produits et services aussi. Quand leurs actions ne sont pas encore surévaluées ( plus de 12 fois les bénéfices), et si elles distribuent des dividendes (signe de respect envers leurs actionnaires), il faut commencer à les étudier. Pour les ramasser dans les paniques inévitables qui les ramèneraient à des niveaux de braderie. Nous en avons une liste.
Comme indiqué dans notre post précédent, les rivalités politiques aux USA entre les 3 grands partis (avec le Tea Party), et à travers l’ Atlantique font peur. Elles rendent impossible la remise e n ordre du système financier international. Il semble qu’ il n’ y a pas de pilote dans l’ avion. Les marchés ont horreur de l’ incertitude plus que de n’importe quoi d’ autre.
Nous avions souligné il y a 1 an que Mad. Merkel avait publiquement exigé que les banques privées payent leur part dans le désastre Grec, trouvant immoral que le contribuable paye à leur place. C’est ce qu’ avait fait l’ Islande en défaultant sur sa dette due à des banques trop corrompues. Sur le moment, nos politiciens et les media n’ y ont vu qu’ une déclaration verbale. Ils avaient tort. Les allemands sont indignés d’ avoir à payer pour des gens incapables de gérer honnètement leurs affaires. Et contre les banques ( Goldman, Soc. Gen, etc..) qui leur ont procuré les moyens de truquer leur comptabilité; tout en y gagnant beaucoup d’ argent bien sur… Mad. Merkel, fille de pasteur et élevée dans la haine du mensonge d’ Etat qui était la règle sous la Stasi, comprend très bien ses électeurs.Or, la dette sans limite est un mensonge d’ Etat car elle passe les déficits de fonctionnement d’ aujourd’hui sur les générations futures. Donc désaccord avec ses partenaires européens qui sont tout prèts, eux, à surtaxer leurs contribuables pour faire plaisir au pouvoir financier. Et avec les USA où le système politique est étrangement proche de ces mêmes banques puisque la Réserve fédérale leur appartient. Et les a sauvées quand la faillite Lehman les avait toutes mises en déconfiture. ( Voir notre post du 18 Avril).
L’histoire enseigne que les désaccords entre les 2 rives de l’ Atlantique se terminent toujours par un krach: celui de Chicago en 1987 en est un exemple classique. Et les « incompréhensions » à l’ intérieur de l’ Europe ne valent pas mieux.
Dans une démocratie, la française comme les autres, il est exceptionnel qu’ un problème fondamental soit réglé à froid. Il y faut une crise, une vraie panique et alors seulement, le pouvoir politique ose faire son travail. Et encore pas toujours, pas en Juin 1940 en France par ex…. Heureusement la situation n’ est pas aussi grave même si les conséquences seront dures pour les niveaux de vie. Le système politique US est solide, l’ anglais aussi, la Chine et l’ Inde n’ ont aucun intérêt à jeter de l’huile sur le feu; au contraire, la Chine a commencé à soutenir la BCE ! Il y aura donc une sortie démocratique de la dépression sans vrais risques de fascisme comme dans l’ Europe de 1930. Elle sera marquée par une annonce du genre accords du Plazza de 1985 un dimanche soir. Nous n’ y sommes pas encore. Car comme disait Mr. Mitterand de son Premier Ministre durement attaqué dans l’ affaire du sang contaminé: « il n’ a pas encore assez souffert ». Il, en ce moment, ce sont les opinions publiques. Avec leurs représentants, elles seront bientôt mures pour accepter la baisse des dépenses publiques et l’ arrêt du surendettement. Fin de l’ Etat providence, fin d’ époque et début d’une autre. Il y a toujours un avenir.
Pour la France, l’ électrochoc peut être une crise à la Grecque, avec arrivée du FMI et taux d’ intérêt au double des taux allemands. On y vient avec un écart qui a déjà doublé depuis quelques jours. Et la campagne présidentielle commence déjà très mal (+50% pour le budget de la culture a annoncé une candidate!). Ca se passera comme à Londres à l’ époque des travaillistes, avec grèves à répétition des services publics et exode des jeunes diplomés. Il a fallu ça pour que l’ opinion publique comprenne que l’indépendance même de la Grande Bretagne était en danger… et Madame Thatcher a pu gagner le pouvoir.
Le Cac à 3300 ? Ca se rapproche.
Ils s’ accumulent. Le roll over Grec était évident et donc est un non évènement. Les agences US de notation menacent de le rejeter. Et donc, l’ € demeure attaqué. Mais ce « mépris » d’ origine US, comme les agences, est suspect: le $ est en bien pire posture. Il s’agit donc de politique étrangère et non pas d’économie. Si les ego politiques s’ en mèlent, le pire est à craindre.
1 : La BCE a commencé de hausser ses taux. Les US ne suivent pas. La Fed est coincée entre les exigences politiques du soutien de l’ emploi, et celles de soutenir le $. Depuis toujours, les divergences de politique monétaire entre les deux rives de l’ Atlantique ont entrainé des krachs. Chicago en 1987 en est un exemple classique. On en prend le chemin. Dans les mêmes conditions.
2: le soutien à l’ économie US par la planche à billets ne relance rien. L’ immobilier et le chômage restent au fond d’ un trou noir. Les investissements n’ont pas repris. Les grandes entreprises continuent de privilégier l’ emploi dans leurs filiales partout sauf aux USA. Les chiffres officiels du chômage sont douteux.
3 : Le graphique du $ contre son panier de devises et surtout l’€, annonce la formation d’un triangle. On en sort le plus souvent par un fort mouvement. Le dernier creux de la parité au début Mai avait touché 1,49. C’est aussi le plancher depuis les accords du Plazza de 1985. Passer au delà signifie l’ entrée dans des terres vierges, ce que les marchés ont le plus en horreur.
4 : Echec de plusieurs entrées en bourse: Veralia abandonné, Dia largement ravalé par le syndicat de placement. Sans compter les autres qui ne viennent même pas jusqu’ à la réunion d’ analystes. Et Facebook ? Cela démontre le peu de goût des gérants pour acheter du papier; confirmé par la faiblesse des volumes en bourse.
Pour occuper l’ attention médiatique (après la Grèce) et créer du volume sur les marchés, la propagande va nous tenir en haleine sur le relèvement du plafond de la dette US : accord ou pas entre les partis politiques ? Bien sur qu’ il y aura accord, « just in time ». Comme toujours; comme en Grèce. Mais cela ne changera rien. La reprise n’est pas encore là. Que faudra-t-il inventer pour le faire oublier ?
Et les Etats n’y peuvent rien. Comme disait Mr. Jospin à propos de la fermeture de Renault/Vilvoorde en 1997: « Je ne peux pas apporter une réponse à une question industrielle ». Cela avait choqué les socialistes et les dirigistes qui continuent à croire en la toute puissance des Etats. Au moins, c’ était honnête. Les lois naturelles de l’ économie sont invariables: les interventions politiques pour retarder les ajustements indispensables après un cycle de croissance, ne font qu’ aggraver leur coût. Et retarder la reprise qui aura lieu de toutes façons. Voyez nos posts précédents, vers 2015 : 27 ans de croissance dans le monde … ; et 9 ans de dépression. On n’ est pas encore au bout, pas plus qu’en 1975, qui fut le creux de la 1ère dépression d’ après guerre. Exemple bien connu: la relance faite par nos socialistes en 1981 avait eu pour seul résultat d’ endetter l’ Etat et de doubler le chômage par le plan d’ austérité qui suivit inévitablement (avec une dévaluation de 40% /au DM ! ) .
Entre temps, l’ inflation ne démarre pas. Car la demande des consommateurs est absente: ils remboursent leurs dettes. Les émergents commencent aussi à ralentir: la Chine, l’ Afrique du sud, l’ Inde, la Corée. Leur formidable croissance des 15 dernières années doit être consolidée. Ils se heurtent à des goulots d’ étranglement ( inflation, infrastructures, main d’ oeuvre qualifiée etc…. ). La chute des matières premières industrielles le démontre.
Seules les matières premières agricoles se tiennent, surtout celles qui sont indispensables au pain quotidien. La flambée de leur prix explique les révoltes arabes, autant que les tyrannies locales. Choquant : de gros investissements sont faits au Brésil et aux USA pour fabriquer du bio-éthanol avec du blé et du maïs. Tant pis pour les affamés, Wall Street et l’ agribusiness se portent bien. Heureusement que les allemands n’ en veulent pas pour leurs belles autos! La hausse des prix alimentaires est une catastrophe sociale. Avec des conséquences prévisibles pour l’ordre public. Partout.
Bref, toutes les conditions sont réunies pour aborder la dernière phase de la dépression en cours. Les peuples auront beau changer de gouvernements, ou descendre dans la rue, rien n’ y fera. Destruction créatrice et troubles civils, tel est le programme. Avant le retour de la croissance. Il est trop tôt pour l’ anticiper.
Ce doit être aussi le message des marchés financiers. Non seulement ils refusent les introductions. Mais les indices européens continuent à plafonner aux 2/3 de leurs niveaux de … l’ an 2000. L’analyse graphique annonce toujours qu’un nouveau plus bas est probable. Vers 3300 sur le CAC ?
… à cause de la refonte en cours du système international des changes. Qui passe par la remise en cause des rapports de force entre grandes puissances. Ce genre de négociations se passe toujours dans le bruit et la fureur. Pour nos placements, cela veut dire que l’ aversion au risque va augmenter. Notre post précédent est confirmé. Le taux des obligations du Trésor US baisse contre toute logique, signe de fuite devant le risque. Chacun va conserver son capital à l’ abri. En attendant d’y voir plus clair.
Deux raisons. 1: l’ apparition de nouveaux poids lourds dans l’ économie mondiale. Inde et Chine en tête. Ils sont pleinement souverains, n’ ont plus besoin du protectorat US (à la différence du Japon ou de l’ Europe hier ou des pays arabes aujourd’hui). Donc, ils réclament leur place dans le « concert des grandes puissances ». Normal.
2: la dépression économique aux USA. Leur cycle de croissance , né avec Reagan, s’est terminé en 2000. Il a été prolongé artificiellement par un recours démentiel au crédit, et des fantaisies financières à la Madoff telles que les subprimes et CDS bidon ( qui en est le garant ultime ? un nouvel AIG ?). Déficits budgétaires portés à des niveaux de guerre mondiale, consommateurs qui croulent sous la dette et ne songent qu’ à rembourser. Malgré l’ injection en panique de billions de $, l’ économie ne peut pas encore repartir. Immobilier , emploi, confiance restent en crise grave. Et les cours de bourse ne sont pas à des niveaux de sortie de crise. Il faut d’ abord que le rendement moyen des coupons et le PER des indices soient homogènes. Vers 7à 10. C’est une des rares constantes de la bourse au travers des siècles. On est à des PER de 16 ?
Ces déficits sons financés, en large part, par les pays d’ Asie. Ils en ont assez. Et réclament d’avoir leur mot à dire dans le FMI et le système international de change qui demeure fondé sur un $ « as good as gold »… ce qui n’ est plus vrai depuis la fin de sa convertibilité (Nixon le 15/07/71). A défaut de faire la guerre comme le Japon ou l’ Allemagne qui exigeaient une place au soleil dans le monde des années 30, il leur reste leur pouvoir financier. Ils vont s’en servir .
Exemples historiques d’ accords financiers qui ont acté un nouvel équilibre international : en 1918, le traité de Versailles établissait l’ égalité des USA avec les empires anglais et français et imposait le $ comme monnaie de réserve préférentielle pour le monde. Bretton Wood en 1943 liquidait ces deux empires et établissait la suprématie absolue du $ comme seule monnaie internationale. Conséquence, il fallait investir aux USA. Entre 1945 et 1990, les portefeuilles y étaient investis à 75%. En IBM, GE, City, plus tard Microsoft ou autres technos. sans équivalent ailleurs dans le monde.
Nixon le 15/07/71 imposait le cours forcé du $ en supprimant sa valeur d’ échange avec l’or. Par l’ accord du Plaza de 1985 les états de l’ OCDE s’ obligeaient à soutenir le $ pour arrêter sa dévaluation compétitive. Le Japon entrait alors à son tour dans la cour des grands.
Dégat collatéral de ce dernier accord : la Fed n’ avait plus aucune limite à sa capacité d’imprimer des $ pour payer ses dettes intérieures et extérieures. Ses partenaires s’ étaient engagés à les lui acheter. La tentation d’ abuser de ce pouvoir était trop forte. Elle a donc tenté de prolonger la croissance à la fin du cycle 1980/2000 en imprimant sans se priver. Et en supprimant toute limite au crédit à la consommation. Cela n’ a pas créé d’ emplois ni de hausse des revenus. Seulement une illusion de richesse…à crédit. Mais a provoqué(comme toujours quand l’ argent est facile) des bulles spéculatives sur à peu près tout ce qui est coté, notamment les matières premières, notamment agricoles: le pain quotidien du peuple; les révoltes arabes y trouvent une cause! Mais tout a une fin. Les nouvelles grandes puissances en ont assez de financer ces excès qui ne leur rapportent rien. Sauf des risques de troubles sociaux.
Et les USA ne peuvent plus utiliser leur suprématie militaire ni économique pour obliger le monde à financer leurs déficits en échange de leur protection. Le terrorisme ne peut pas remplacer l’ URSS pour faire peur. La Chine et l’ Inde n’ont donc aucune raison de se soumettre. Ils sont en croissance et sont à l’ abri, par leur taille, de représailles militaires. Donc un nouvel équilibre international est à négocier.
Pour nous qui voulons seulement protéger nos avoirs et, si possible, les faire grossir, ces périodes sont dangereuses. Pendant un long moment, nous n’ aurons que de la désinformation et des rumeurs pour provoquer des mouvements de panique sur les marchés. Les »spin doctors » savent manipuler les opinions publiques, y compris celle des salles de marché.
En effet, dans une négociation de cette ampleur, il y aura des perdants. Et l’ Europe est désignée pour être le perdant. L’ Euro qui vaut mieux que le $ pour la qualité de sa gestion est attaqué. Sa « survie » évoquée par le agences de rating (toutes US), le petit problème de la Grèce (qui pése moins lourd que les Hauts de Seine) passionent les media. L’Italie sera-t-elle dégradée? Et la France? Quant au crédit US, lui n’ est toujours pas dégradé. Aucune agence de rating ne l’ ose. Cela est révélateur. Rien de spontané dans cette campagne.
En attendant, comme le décrit notre précédent post, les grandes banques US se sont refait une santé. Les grandes familles qui les dirigent comme elles dirigent la Fed se sont prêté son argent pour sortir de la déconfiture. Elles sont désormais à l’ abri. La crise concernera les autres, pauvres et classes moyennes. Car la dépression se poursuit. Elle ne dépend pas des gouvernements. Seulement des grands cycles économiques. L’ immobilier demeure au fond du trou, le chomage ne baisse pas, la contraction du crédit intérieur se poursuit.
L’ Etat US doit faire face. Comme en 1981 quand Volcker et Reagan ont étouffé l’ inflation qui allait ruiner les portefeuilles obligataires des caisses de retraite, en provoquant une courte mais brutale récession. Avec des taux de combat. Au nom de l’ intérêt national. Selon le proverbe chinois, les riches maigriront un peu , et les pauvres …. Rien de bon pour la bourse.
L’ analyse technique, surtout sur le CAC confirme que la reprise depuis le krach Lehman semble se terminer en double top. Sur 18 indices sectoriels du SPII, 10 sont passés en tendance neutre et 4 (dont les technos et les banques) sous leurs moyennes mobiles 50 bourses. Donc attention au coup de vent sur les marchés. Le CAC vers 3300, après un arrêt sur 3700 ? Vraissemblable.
Ce fut le communiqué du général de Gaulle en mai 1958 quand le milieu politique (droite et gauche)s s’ était résigné à le voir revenir au pouvoir, contre leur gré et leurs intérêts mais ils n’ avaient pas le choix: c’était lui ou le chaos financier et politique! Le Franc était devenu une monnaie de singe, les déficits publics ne trouvaient plus de prêteur sur les marchés, l’ armée se mutinait et le peuple voulait jeter les députés à la Seine! La Grèce ces jours-ci connait une situation semblable .
Mais la dette publique US , à son tour, est en voie de dégradation. C’est le début du processus de remise en ordre de la finance mondiale. Comme dans la France de 1958, le chaos est menaçant. Car le système mondial des changes mis en place en 1970/1975 est à bout de soufle. A cette époque, le génial diplomate qu ‘était H. Kissinger avait eu l’ idée de remplacer les accords de Bretton Wood (1943) par un accord avec les pays producteurs de pétrole. Le système de Bretton Woods liait le $ à l’ or , à la condition qu’ aucune nation ne demande la conversion de ses avoirs. Comme les USA de 1943 controlaient les 3/4 au moins du stock d’ or et de la production industrielle mondiaux, tous les autres pays étaient leurs débiteurs autant que leurs protégés. Le système marchait bien.
En 1970, l’ Europe reconstruite commençait à accumuler des excédents en $. La France de De Gaulle n’ avait plus besoin du protectorat américain (c’était la raison de l’ opposition US à notre force de frappe, bien sur) . Elle convertissait ses $ en or. Elle commençait à faire des émules. De plus en plus de pays, doutant de la solidité du $ rapatriaient leur or dans leurs propres coffres par conversion de leurs créances en $. Les stocks d’or des USA avaient déjà fondu de moitié depuis que la guerre du Vietnam les avaient mis en déficit profond. Leurs dirigeants n’ avaient pas la volonté d’y remédier, et c ‘était ce refus qui inquiètait le reste du monde.
Est-ce différent aujourd ‘hui? Les plaisirs du déficit sans pleurs sont trop forts pour qu’on y renonce spontanément, disait J. Rueff ! Mais les USA ont un vrai Etat, et une stratégie impériale. Ils sont capables de réagir. Comme Mr. Reagan en 1981 quand il accepta une dépression avec des taux à 13% pour redonner sa force à l’ économie US. On connait la formidable croissance qui s’ ensuivit.
Cet accord de 1970 sur la création du pétrodollar et le recyclage des excédents de l’ OPEC a permis au $, comme en 1945 de lui conserver son rôle et son privilège : celui d’être imprimé sans contraintes par le Fed. Les pays de l’ OPEC , surtout les arabes confiaient leurs réserves de change aux USA et n’ acceptaient que le $ pour paiement de leur pétrole. En échange , les USA acceptaient la hausse du prix de « l’or noir » et les « protégeaient » de toute agression. L’Iran agressif pour des raisons religieuses fut contré par un Irak armé par l’ OTAN (800 000 morts?); et Saddam Hussein à son tour, fut annihilé quand il attaqua le Koweit en 1992. Le deal a très bien fonctionné: vous financez mon déficit, et mes porte avions vous protègent.
Mais le retour de l’ Asie parmi les grandes puissances oblige de nouveau les USA à repenser le système. Leur déficit n’ est plus accepté par leurs partenaires asiatiques. Qui n’ ont pas besoin d’être protégés, eux ! Il leur faut, de nouveau, remettre de l’ ordre dans leurs finances publiques. Coïncidence ? la dépression 1929/1943 a duré 12 ans et Bretton Wood a signé sa fin (le Dow décuple jusqu’ en 1968), la dépression de 1968/ 1983 a duré 12 ans et le pétrodollar en est né (nouveau décuplement du Dow). La dépression actuelle va durer jusqu’ en 2016, comme toujours le tiers de la durée de la croissance précédente (1980/ 2007). Voyez nos posts précédents. Il y a un bel avenir en vue….
C’est la loi des grands cycles de l’ économie, celle qui rend modeste devant les effets de manche des chefs d’ Etat et des gourous politiques… Et qui impose une discipline nationale que le milieu politique français a bien du mal à accepter….
Quel sera la nouveau système de changes internationaux? Les USA vont-ils réussir à conserver leur privilège d’ émission de la principale monnaie internationale, celle qui voit passer les 3/4 du commerce mondial?
Une chose est sure, c’est qu’ à la différence de 1939, mais comme en 1970, une guerre mondiale entre grandes puissances est impossible. A cause de l’ arme atomique qui rend batailles navales ou terrestres aussi dépassées que les chevaliers du moyen âge quand le canon fut inventé. Elle n’ empêche, bien sur, pas les mauvais coups entre alliés (même et surtout ceux de l’ OTAN…, on le voit dans l’ afrique des grands lacs et du nord) . Mais avec la Chine ou l’ Inde ou le Brésil, comment se faire une guerre quand quelques missiles feraient en un instant plus de dégâts que toutes les strato-forteresses et les canons de la 2nde guerre mondiale réunis ! A défaut de guerre, il faut donc négocier. Mais, à la différence de 1943 ou même encore en 1970, la suprématie US n’ est plus absolue. Même l’ URSS avait respecté les accords de Bretton Wood ou du Plazza . C ‘était son intérêt commercial bien compris. Mais aujourd ‘hui ?
Pour nos clients, rien ne sert de parier sur ce prochain accord. Quand il viendra, ce sera le début d’un nouveau grand cycle de croissance, comme pour les précédents. En l’ attendant, il faut se garer des dommages collatéraux. C’est tout le sens de notre stratégie: du rendement et de la value. Ce sont les points de repère qui garantiront la protection de notre capital. Les spéculations sur les changes, les matières premières ou les indices sont hasardeuses. D’abord parce qu’il est désormais manifeste que les grandes banques US truquent les marchés avec leurs algorythmes et leur puissance de feu. Et puis parce que ces mêmes banques sont aussi les correspondants du Trésor et de la diplomatie US. Impossible de lutter avec des gens doublement initiés. Dans ces conditions, le prix du barril ou du boisseau de blé ne dépend plus des fondamentaux. Mais de considérations politiques. Dont nous ne savons rien.
Jusqu’ à la fin du processus et l’ annonce d’un nouvel accord monétaire: stratégie de prudence inchangée. Notre liste de valeurs à mettre en portefeuille reste la même: des rendements de 6 à 10%, en €, avec présence souhaitée en Asie et Afrique qui souffriront peu ou pas de notre dépression; et pas d’ obligations car l’ inflation viendra tôt u tard rembourser les dettes et ruiner les naïfs, comme toujours.