Depuis 2 ans, notre thème principal: dépression boursière et économique. Même si leurs cycles ne coïncident pas . Les marchés anticipent toujours. La dépression devrait se terminer vers 2015/2016 selon l’ expérience séculaire décrite par les grands économistes depuis Kondratieff et Juglar jusqu’aux prix Nobel d’aujourd’hui. Une dépression dure le tiers de la durée de la croissance séculaire précédente (de 1976 à 2001, prolongée jusqu’à 2007 par les excès du crédit de 2002, voir nos posts précédents) . Pendant ce temps, stagnation du niveau de vie et chômage en Europe et aux USA. Et les peuples râlent au risque de faire des émeutes ( car quelle révolution, dès lors qu’il n’ y a plus d’idéologie appropriée ? , les têtes changeront, voilà tout).
En conséquence, nos portefeuilles ne contiennent que des actions de grandes sociétés aux bilans assainis, voire très liquides, et des valeurs d’intérêt local , les 2 avec de gros rendements.
Question ce jour: la crise de l’ € peut-elle modifier ces cycles ? Ou même aggraver la situation de l’ économie et retarder la sortie de la crise ? Et justifier une révision de notre stratégie vers plus de liquidités et des titres à revenu fixe mais très faible ?
Réponse: probablement non. Le bruit et l’agitation autour des malheurs de la Grèce et des inquiétudes sur l’ Italie sont des nuages de fumée pour occuper les opinions publiques en attendant la reprise à l’ échéance ci-dessus.
Analyse: la rivalité est vive entre les deux bords de l’ Atlantique, et on ne se fait pas de cadeaux. Or les USA ont deux problèmes :
1 : La suprématie du $ est menacée par l’ émergence du yen et de l’ € . Or c’est le rôle du $ comme étalon international depuis 1942 ( sinon 1918…) qui garantit aux USA le financement de leur appareil militaire mondial, et leur protectorat universel, ou presque. Pour le profit de leurs grandes sociétés. et (parfois) de leurs actionnaires.
2 : Le système politique américain est en crise ; il peine se réformer . Le complexe militaro-industriel est plus coûteux que jamais alors qu’il n’y a plus d’ennemi agressif ; la vie politique est clairement aux mains des grandes banques dont les « contributions électorales » dépassent les records. Il n’ y a pas eu d’amélioration du niveau de vie depuis 11 ans, seule l’abondance de crédits a permis l’illusion de la richesse. La conséquence en est que les budgets publics sont en situation pire que ceux de l’ Europe. Seule une inflation massive permettra d’apurer une partie des dettes publiques, cependant que le consommateur privé se serre la ceinture pour épargner et rembourser les siennes.
Enfoncer l’ Europe est donc une fuite en avant, car elle ne résoud aucun de leurs problèmes, mais politiquement avantageuse.
Les medias, les partis d’opposition , l’ inquiétude bien légitime des salariés du secteur privé: toute cette agitation en Europe , et la paranoïa qui va avec. Cela pourrait déboucher sur une remise en cause de l’ € et un affaiblissement de l’ Europe. C’est l’ intérêt de la classe au pouvoir aux USA. Et donc l’ objet de sa diplomatie. On comprend que la Chine ne veuille pas s’en mêler.
Mais pour nos placements, les fondamentaux demeurent. On s’approche de la fin du cycle baissier séculaire. De nouvelles grandes entreprises européennes se sont révélées leaders mondiaux : ce matin, c’ est Sanofi qui devient n° 1 mondial de la pharmacie. BNP révèle un bilan solide malgré 100% de provision sur la Grèce et en ayant réduit ses créances sur l’ Italie . EADS ou Siemens ou Alcatel passent avant leurs concurrents US sur les marchés asiatiques. Ce sont des signes qu’ au delà de la fumée médiatique/politique, la vie continue. Les vrais rapports de force se révèlent. La décision de ce jour prise par Allemagne et France de choisir l’ € contre la Grèce est donc une bonne nouvelle.
Donc, il faut garder et même racheter des titres de grandes entreprises internationales, leaders sur leurs marchés; et ceux qui distribuent de gros dividendes bien assurés pour plusieurs années.
Un nouveau krach dû à la sortie de la Grèce ? c’est la diplomatie US qui l’ avait imposée, comme elle a tenté de faire entrer la Turquie ou l’ Ukraine, et les tribus d’ Europe centrale ces jours-ci. Ce serait une simplification pour l’ Europe. En bourse, ce krach serait une belle occasion pour se renforcer à très bon compte. Quand la fin de la dépression sera en vue, les cours flamberont .
Il semble que c’est le message des marchés ce jour …
Une bourse politique: c’est la situation la plus compliquée à gérer pour nos clients. Car elle échappe à la rationalité. Le PS négocie l’ appui des écologistes en acceptant de « remettre en cause » l’industrie nucléaire. Le retrait de leur candidat contre une trentaine de circonscriptions garanties à gauche. Même situation en Belgique où les partis se mettraient d’accord sur le partage du pouvoir en échange de la fermeture de centrales nucléaires. Aucune solution alternative n’est évoquée. De quoi dissuader les grandes gestions étrangères.
Contrairement à notre rôle, il faut donc faire intervenir la politique dans notre appréciation. En se rappelant que la bourse de Paris plongea de 35% avant de pouvoir coter à la victoire de Mr. Mitterand, puis connut une vive progression quand le nouveau pouvoir commença à comprendre les réalités de l’ économie et du plein emploi.
L’exploitation des peurs et passions populaires n’a rien de nouveau: on a connu les processions de l’ ancien régime contre la peste ou la famine, la persécution/expulsion des Juifs ou des protestant; hier les manifs contre l’impérialisme, ou la réforme des retraites. Mais il peut en sortir des lois qui bloquent la croissance. Ex: les lois Méline, ou le protectionnisme des années 30. La remise en cause de l’ industrie nucléaire coûterait de nombreux emplois et une perte de compétitivité ( de l’ électricité bon marché et exportée) pour notre industrie. Un désastre. Ce n’est pourtant pas plus absurde que le refus du moteur dans l’armée française de 1939… , ou les nationalisations de 1981. Puisque ça s’est vu, ce n’est pas impossible.
Notre campagne électorale ne fait que commencer. A terme de quelques semaines,il y a a probabilité de bonnes nouvelles: l’analyse technique continue à prévoir une hausse des cours dans le monde et à Paris. Et le G20 devrait confirmer la soumission de l’ Europe aux exigences du FMI . Celui-ci sera le vecteur du sauvetage pour l’ aide des émergents. En contrepartie, il faudra accepter la concurrence asiatique sans règles, et continuer à remettre de l’ordre dans nos finances. Pas de reprise en vue . Mais le soulagement à court terme devrait être suffisant pour jouer une hausse . Les grandes financières du CAC seront favorisées par la petite recapitalisation prévue en accord avec la BCE. Elle ne sera que de l’ ordre d’une année de bénéfices. Les investisseurs étrangers ne croiront pas tout de suite à un risque politique sur toute la filière industrielle liée à l’ énergie , Schneider, Alstom, EDF, Areva , qui pèsent lourd. Notre objectif sur le CAC reste donc limité vers 3600. A ce niveau, on avisera. Il est probable que certains poids lourds s’organiseront pour filialiser leurs activités à l’ étranger, comme Paribas en 1981.
L’accord de Bruxelles est acquis dans un scénario de bruit à usage médiatique. Comme toujours en Europe, il faut du drame pour faire avancer les choses (rappelons nous la politique de la chaise vide par De Gaulle en 1963). Nous l’avions prévu dès la semaines dernière.
Pour nos placements, c’st une incertitude qui est levée , à terme de quelques semaines ? Car la dépression qui frappe le monde occidental n’est pas finie. L’endettement public et privé demeure trop lourd. Sa baisse est la priorité, plus que jamais. Le FMI et la Chine n’ auront accepté de soutenir cet accord que pour gagner du temps, et dans leur intérêt de créanciers dont le débiteur était en perdition. Avec les hausses d’impôts et des budgets publics moins dispendieux, l’ activité économique ( ce que les media appellent « la croissance ») ne peut pas croître. On sera heureux si elle stagne.
Dans l’ immédiat,c’st le soulagement. Les bourses devraient finir l’ année en beauté. Les financières françaises en tête. Il semble qu’elles sont les moins engagées sur la Grèce, et dans des proportions raisonnables sur les autres PIIGS. En effet la BCE connait surement la réalité de leurs bilans et confirme que leur recapitalisation sera légère. Les dividendes 2011 (à payer en 2012) seront sans doute supprimés. Mais ce sera un inconvénient pour plus tard.
Les multinationales avaient baissé en accord avec les indices où les banques pèsent plus de 30% ( pour le CAC). Elles remontent donc avec elles. Et leurs perspectives à l’export demeurent favorables, avec du cash plein leurs comptes. La récession n’est pas pour demain en Chine ni en Asie….
Conséquence: notre post de la semaine dernière est confirmé: il y a a encore de l’ argent à gagner en étant investi.
Ce blog ne résiste pas au devoir de souligner la déchéance économique et politique de l’ Europe. Par impéritie des dirigeants à commencer par leurs media, et des syndicalistes sauf en Allemagne, il a fallu la menace du bâton et des subsides de l’ Asie et du FMI pour qu’ils fassent leur travail: remettre leurs finances et leurs budgets publics en ordre. Afin de se justifier auprès de leurs opinions publiques désinformées depuis des mois, ce scénario bruyant de la réunion » de la dernière chance » a été mis en place. Ce n’est qu’une habile opération de communication. Mais le fond demeure, avec des dettes dont le coût financier demeure extravagant sans utilité sociale ou industrielle. Surtout en période de récession et de baisse des prix ce qui empêchera de rembourser par l’inflation et la croissance. Des parts de marché bancaire auront été vendues par nos banques pour refinancer leurs bilans, la Chine prend notre place au FMI où les quota seront révisés prochainement à notre détriment. Certes les USA sont désormais dans le collimateur. Le standing du $ n’est pas amélioré par ce renflouement. Et le budget/endettement US va passer au premier plan. Ce n’est pas une consolation : le malheur (prochain) des autres ne nous servira de rien: ce sont les émergents de l’ Asie/Pacifique qui en profiteront. La main passe, comme au 15ème siècle quand elle passa de l’ Italie du Nord et de Venise à la mer du Nord. Et pour la même raison politique.
Raison de plus pour jouer les grandes valeurs qui y travaillent déjà avec succès.
Une nouvelle crise financière globale est donc à venir. Elle justifie notre analyse technique: l’ avalement haussier de ce jour va conduire le CAC vers 3500/3650. Mais la dépression ne se terminera pas avant 2015. Entre temps, il y aura de nouveaux creux lorsque la crise sera plus douloureuse et que les gouvernements ne pourront plus la pallier par des mesures sociales. De plus, les campagnes électorales en cours vont remettre en cause ce qui vient d’être acquis et les marchés reprendront peur. Donc il s’agit d’un bull trap . Le temps que les investisseurs réagissent en changeant leur actuelle vue pessimiste, les premiers acheteurs auront revendu avec profit. Et les derniers entrants seront piégés.
Mais on ne peut pas laisser la clientèle à l’écart de ce mouvement. Notre dernier post le disait déjà. Il est prudent de prendre des risques.
On ne doit pas gérer des portefeuilles dans l’ urgence de l’ actualité. Une stratégie se définit et se suit . La nôtre demeure le fait d’une récession et la nécessité de prioriser le rendement, puisque la croissance n’est pas là. Il faut de bonnes raisons pour changer de stratégie. Une réunion de ministres n’en est pas une …
Il semble, quand même, que la pression des marchés pour un rééquilibrage des budgets publics en Europe soit en train de faire céder les partis politiques. Non seulement par leur dévouement et leur intelligence (qui sont hors de question). Mais aussi par leur peur. Ainsi s’expliquent les excuses immédiates de Mr. Baroin relevées dans notre précédent post, devant le trop gros mensonge sur le quel il a fondé son projet de loi de finances. La dégradation( « prochaine »: c’est une bonne manière car elle est techniquement acquise), du rating de la France qui a été annoncée va coûter tellement cher en intérêts qu’il a du réagir. Même scénario il y a 2 mois en Italie quand la ligue du Nord a menacé de s’allier aux socialistes pour faire dérailler le plan de redressement de Mr. Berlusconi: la BCE n’a plus soutenu les emprunts italiens dont le taux a flambé; le lendemain, chacun revenait à son devoir.
Du coup, il est possible de penser qu’il pourrait sortir quelque chose de ce week end. Un FSEF dimentionné aux limites du problème ? C’est aussi l’ intérêt des banques US qui souffriraient beaucoup d’ une faillite de l’€ et des marchés européens. Le $ entrerait surement dans le collimateur de tous les traders du monde, et son rôle international avec. Même la Chine souffrirait car elle n’a nul intérêt à une crise majeure chez ses clients (surtout que les anglo-saxons sont capables de tout quand ils sont dans l’urgence, disait De Gaulle) . Elle peut même contribuer à une solution via le FMI: on lui dira merci d’y prendre plus de place.
L’ analyse technique des indices et d’abord de ceux des banques montre une tendance à la hausse; le SPII bancaire US est à la limite de casser sa résistance; celui du Nasdaq aussi. Ce jour, les actions du secteur bancaire font mieux que se tenir. Ce sont des signes que de grosses mains anticipent plutôt du positif. Et les grosses mains sont toujours initiées.
Un coup est possible. Il confirmerait l’ analyse graphique qui anticipe un CAC à 3500 au moins . C’est après, qu’ une nouvelle baisse serait probable, dans l’état actuel de l’ analyse, pour piéger les optimistes qui ne croient pas aux grands cycles de l’ économie: la dépression de l’ activité en occident n’est pas terminée tant que l’ endettement n’ est pas revenu sous des limites classiques. Vers 2016 ? Notre stratégie n’ a pas changé.
Entre temps, il peut y avoir de l’ argent à gagner.
Mr. Baroin (notre ministre des finances) reconnait publiquement que le projet de budget de la France pour 2012 est truqué (Nota: l’ auteur de ce blog maîtrise la langue de cour, mais préfère la langue ordinaire). Car fondé sur une prévision de croissance de 1,8% quand la dépression nous donnera au mieux 0% . Comme les salaires de la fonction publique augmenteront de 3% et qu’ils font la moitié des dépenses de fonctionnement, le déficit va donc augmenter. Malgré quelques recettes de hausses d’impôt, telles la surtaxe sur les hauts revenus de plus de 300 000 €, ou une taxe sur les sodas, des « recettes de poche » comme on enseigne à l’ ENA. Même situation en Grèce .
Du coup l’ Allemagne annonce qu’il n’ y a pas de refinancement à attendre de sa part dimanche prochain. Et Moodys confirme la prochaine dégradation du rating français, processus déjà commencé avec celle des trois banques il y a 1 mois. Moodys en rajoute en notant ( en langue de bois) que l’ »élection prochaine suscite des inquiétudes », traduction: les socialistes n’inspirent pas plus confiance. Pour ce blog qui anticipe sur les media officiels, le renchérissement du premier poste de dépenses dans le budget (celui des intérêts de la dette) sera dramatique, et propre à une prise de conscience.
Pour nos placements, ce jeu de la vérité est plutôt positif . Comme indiqué ici, le retour à la réalité est une condition nécéssaire du retour à des finances saines et donc, à la croissance. Mais seule la pression des faits peut l’imposer à l’opinion publique. Les marchés « parlent poliment avec un gros bâton à la main »… Sans cette pression, les peuples préfèrent le laisser-aller.
Peut-on déjà croire à la sincérité des élites politiques pour cesser de faire du déficit à crédit ? Non: ils n’ont pas encore intégré cette nouvelle donne, dans laquelle les marchés ne prêtent plus. Il faudra de nouvelles paniques pour les y contraindre. Avec ou sans les socialistes qui veulent « réenchanter le rêve français » Et surtout, la remise en ordre des finances US est remise à 2013 après leur élection. Entre temps, Wall Street va continuer son jeu de casino que rien ne lui interdit.Nous n’avons pas de complexe à avoir: la classe politique américaine n’est pas plus sage, ouverte sur le reste du monde, ni courageuse que la nôtre...
Peut-on revenir à l’achat , sauf en trading ? De nombreux cours sont déjà bradés. Les entreprises internationales font de bonnes affaires en Asie et ailleurs. Les publications d’IBM le montrent; celles de StGobain ou Michelin, ou Alcatel depuis 5 trimestres le confirment. La récession n’est pas pour elles, ou pas beaucoup. Nous l’avons indiqué depuis longtemps: des entreprises internationales qui gagnent bien leur vie en Asie, cotées au tiers des fonds propres, avec des dividendes alléchants quand les taux d’intérêt sont à 3%, des caisses pleines de cash. Pour un investisseur de long terme, ces cours sont alléchants. Pour le particulier qui ne peut pas anticiper sur une durée de plus de 5 ans, il faut craindre que la pression internationale et la panique ne fassent plonger les cours à leur niveau post-Lehman. 2600 sur le CAC comme indiqué ici.
Nous maintenons notre analyse, la même depuis plus d’un an: la fin de la dépression économique ne sera pas en vue avant 2013/2014. Le désendettement sera alors en marche pour les Etats et les particuliers. ce sera la fin du cycle de surendettement (mais pas du cycle économique de l’ hiver Kondratieff) né des attentats du 9/11 et de la réaction paniquée des USA. La bourse anticipera, comme toujours. Comme entre 1976 et 1981; ou entre 1933 et 1937.
L’analyse technique indique que la hausse peut se poursuivre en Europe. Le CAC peut toucher 3500. Mais ce serait l’amorce d’un bull trap avec pour risque le retour, une 3ème et dernière fois, sur 2600. Il faut des nerfs pour supporter cette volatilité. En attendant, du gros rendement sur des valeurs paisibles devraient permettre d’attendre au chaud. La recap des banques serait toutefois à jouer car déjà classées TBTF, elles seront alors assainies et précéderont la remontée des indices. Cette recap, quelle que soit son origine, est sans doute dans les cours.
Remontée des actions. Signatures privées plus recherchées que celles des Etats. Entreprises multinationales riches de cash et plus puissantes que bien des nations. Notre scénario depuis 9 mois se vérifie. Une nouvelle époque commence. La théorie économique l’ annonçait: la « destruction créatrice » fait son oeuvre. Il est temps de s’ adapter à une nouvelle donne.
Acheter des actions? Risqué, mai tellement tentant… aux prix actuels. Nous étions pessimistes avant le krach; nous avons en raison. Nous devenons plus optimistes après.
L’optimisme général est encore faible. Les « analystes » et commentateurs demeurent nerveux. Pourtant la politique confirme le retour à de nouvelles règles (ou, au contraire à de vieilles règles!): celle de l’ équilibre budgétaire en tête. Il va redevenir populaire comme en Allemagne ! Les salariés du privé commencent à regarder de travers ceux du public qui sont à l’abri de leurs statuts et ne souffrent pas de la mondialisation en exigeant des hausses de salaires et des privilèges façon SNCF. L’opinion publique instruite des malheurs de la Grèce et de l’ Irlande a pris conscience de la réalité. Les manifs contre l’austérité font pshit. Les élus peuvent sans prendre trop de risques électoraux, dire la vérité et en appliquer les conséquences. Voyez notre post précédent.
Il y aura encore des retours de flamme. Car le retour à l’ordre, même nommé « austérité » va révéler des squelettes cachés dans les comptabilités créatives des Etats et des banques. Mais les cloisons pare-feu sont en train de se mettre en place.
La 1ére: la recapitalisation des banques européennes et de GB .Il leur fallait amortir leurs pertes sur emprunts d’Etat sans descendre sous leurs ratios de fonds propres. Ce devrait être fait dans les prochains jours. A quand celle des banques US qui ne sont certainement pas des modèles de vertu ? Ou des chinoises qui ne sont probablement pas en meilleure situation que les banques japonaises en 1990? Mais celles d’ Europe avaient baissé plus que les autres, la remontée devrait être plus forte.
La 2nde : les plus grandes banques sont désormais classées TBTF (too big to fail). Leur avenir est donc garanti par la communauté des Etats civilisés. C’est un gros risque systémique de moins, surtout que les USA conservent encore le privilège d’imprimer du papier monnaie. Au niveau actuel de décote sur leurs actifs, elles sont bon marché. Un fait d’expérience.
Conséquences : Le secteur bancaire est au coeur du système capitaliste. Et pèse de 25 à 33% des indices. Les marchés ne remonteraient pas sans lui. Si on veut commencer à jouer la fin de la crise boursière ( attention: pas économique), elles sont un must.
Et puis les gros rendements et les entreprises internationales; surtout les 2 à la fois. Le krach a fait naître des occasions rares. Si notre raisonnement est juste, y investir devrait être récompensé, c’est la loi des marchés.
Enfin , quelques perles rares qui intèrêssent peu les analystes officiels ( le « sell side » ) des grandes banques parce que leur marché est relativement trop étroit pour leurs clients internationaux . Derichebourg, Pages jaunes etc. Voyez la rubrique meilleurs rendements des sites d’information boursière. Et choisissons ceux qui dont les rendements ou la capacité de reprise semblent raisonnables. Les recovery sont plus risqués que les investissements murs; mais beaucoup plus avantageux. Nous sommes à votre disposition.
La route demeurera chaotique. Le marché est encore aux mains de traders très court termistes. Mais, pour le capitaliste privé qui place son argent à 5 ans (horizon normal dans cette activité), le risque vaut d’être pris.
Des noms ? Vivendi ou les télécoms avec + de 10% de rendement et une forte présence internationale: la capitalisation de leurs coupons offre une protection contre la démagogie probable du politique qui voudrait leur prendre une partie de leur cash-flow. Alcatel ou St Gobain leaders mondiaux, l’ auto et ses fournisseurs : où est la crise quand Renault annonce qu’il battra ses records de production en 2012 ? Tels Faurecia qui demeure ignoré par routine des analystes ( la société s’est transformée et pèse plus que Valeo): Peugeot pourrait désormais en revendre une partie pour lui faciliter des contrats avec d’autres constructeurs; surement pas au prix actuel. Michelin. Et bien d’autres… En règle générale, les leaders mondiaux comme EADS, Cap G. ou Dassault Systèmes entre autres sont à surveiller en priorité car les grandes gestions pensent d’abord à eux; pas à le Bélier pourtant 1er européen dans sa spécialité. Mais ce ne sont pas eux qui ont le plus baissé.
Les marchés anticipent toujours. La sortie de la crise économique viendra du désendettement des consommateurs et des Etats. Qui pourront alors reprendre leurs dépenses. En attendant, le marché n’étant plus en mode panique, pourrait réévaluer ses excès à la baisse.
Ce ne sont pas les améliorations des chiffres de l’ emploi ou autres statistiques. C’est le retour à une vie démocratique sensée. Celle qui permet de préparer l’avenir au lieu d’endetter les générations futures. L’opinion publique commence à comprendre. Et le personnel politique va pouvoir faire son travail. Comme les allemands le font depuis 10 ans.
Donc on ne doit plus rester à l’écart des actions. Non pas que le bear market soit terminé. Mais il y a déjà des occasions d’achat « historiques ». On doit commencer à reconstituer les portefeuilles.
Nos 2 derniers posts suggéraient déjà vivement l’achat de bancaires et d’industrielles. Décotées, comme si elles allaient faire faillite! Une décote de plus de 50% sur les fonds propres, avec de bons résultats sur les 24 derniers mois et des guidances positives: si on n’en veut pas, c’est qu’il faut faire autre chose. Donc, les entreprises internationales qui ont du cash en abondance sont à acheter. Ainsi que les gros rendements garantis pour ceux qui ont besoin de revenus. Les banques ne feront pas faillite; le contribuable va même leur injecter des capitaux supplémentaires (en France il faut espérer que ces actions nouvelles seront ensuite apportées au fond de garantie des retraites, vidé par la démagogie des années passées…). Car en cas de reprise, elles seront en tête des hausses puisqu’elles seront assainies.
Le marché demeure empoisonné par les rumeurs et par la paranoïa qui suit naturellement les grands chocs. Un film récent de Naomie Klein décrit « la stratégie du choc » inventée par Milton Friedman pour conditionner les peuples à accepter les remèdes qu’ils ne veulent pas. C’est fait. Et les épargnants n’osent plus acheter par crainte d’un nouveau krach. Pourtant, il y a des acheteurs puisqu’on cote. Ce ne sont pas seulement des rachats de vendeurs. Il y a aussi des vrais gestionnaires de fortune. Incohérence de l’information ? Classique.
Dans notre vie politique d’européens, pour remettre de l’ordre dans nos finances publiques, il fallait faire peur, à juste titre d’ailleurs. La pédagogie de l’endettement insoutenable qui cause la crise, commence à porter ses fruits: même les candidats socialistes n’osent plus annoncer de folles dépenses à la Mauroy 1981 ni de consommer des cagnottes virtuelles en « créant des emplois aidés » dans la fonction publique avec baisse de la durée du travail (Jospin 1997). Mr. Sarkozy se fait homme d’Etat: il annonce des hausses d’impôts après sa réélection. La relance de la croissance par celle de la consommation revient au magasin des farces et attrapes pour électeurs.
Ce sont là les vraies bonnes nouvelles. Nous ne sommes plus comme cet homme qui tombe du 100 éme étage en disant pendant sa chute: ça va bien. Ou la Pompadour souriant « tout cela durera bien autant que nous ». Nous l’avons déjà indiqué le 18/04 dernier.
Le choix d’investissements est grand. Sous ces critères. Le bear market n’est probablement pas terminé car l’arrêt du « soutien de la croissance » va entraîner des réajustements pénibles . Mais au delà de la volatilité, il y a de bonnes affaires pour les gens patients. Et pas anxieux…
Volatilité extrême sur les indices actions: le Dow et les SPII peuvent monter ou baisser de 4% en 45 minutes (ex: les 03 et 04/10, en fin de séance). Volumes médiocres à Paris : les investisseurs finaux sont absents. Toute puissance du flash trading qui rend les marchés inefficients pour pricer les valeurs. Valorisations très basses de la plupart des titres qui font penser que:
Soit une dépression « fin du monde » est en vue. Si oui, rien ne vaut rien et réciproquement;
Soit, des OPA devraient intervenir pour en profiter et des épargnants avisés aussi.
1er cas: insensé. Le monde ne s’est pas arrêté de tourner, la croissance des émergents continue, nous devons investir et nous moderniser pour améliorer notre productivité. De la sueur, sans doute mais ni sang ni larmes. Nous n’ avons que des problèmes de remise en ordre de nos finances publiques après des années de « creative acconting » à la Enron. Ce n’est pas électoral ? Mais l’opinion publique longtemps désinformée par la corruption médiatique commence peut-être à le comprendre. C’est l’utilité pédagogique de la destruction créatrice de Schumpeter. D’ailleurs, peu importe la couleur du gouvernement. Cette contrainte s’imposera indépendamment de sa posture politique, comme chez les grecs ou en Italie. Plus on attend, plus ça coûte cher mais le résultat final est le même. En tout cas chez les entreprises internationales pour qui le marché français est devenu aussi marginal que celui de la Suisse pour Nestlé…
Cette hypothèse de fin du monde peut donc être négligée. On ne peut pas la jouer. Moins encore s’en protéger: autant se protéger d’une bombe atomique par un abri individuel, comme les Suisses en ont construit dans les années 1960 ! De l’argent gaspillé.
2nd cas: comme toujours la crise financière trouve sa fin. Par le désendettement des ménages et des Etats. Pour les ménages, c’est en cours avec la baisse des encours de crédit à la consommation et, aux USA, celle des crédits immobiliers. Ce deleveraging devrait continuer encore quelques années. D’autant plus que l’ application des règles prudentielles de Bâle3 oblige les banques à réduire la voilure. Il se conclura par le retour à des taux d’épargne raisonnables selon les critères historiques. Quant aux Etats, ou plutôt, aux élus, ils n’ont plus le choix. Les marchés ne prêtent plus: pourquoi le gérant d’une caisse de retraite au Canada ou en Australie achèterait-il des bons du trésor d’Etats européens quand il voit l’attitude de leurs …responsables? La contrainte des marchés ne relève pas de la théorie du complot diplomatique; elle relève du bon sens. Qui souscrirait les émissions de Mugabé? Donc Sarkozy ou Hollande, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet. Le risque tient seulement à un retard dû à des postures médiatiques avec grèves indignées; coûteuses, mais aussi inutiles qu’en Grèce. La gauche pourrait peut-être gérer ce risque mieux que la droite, comme en 1936: les cours de Paris doublèrent en 26 mois de front populaire !
La seule hypothèse stratégique à jouer: la fin de la crise. Ainsi les alliés en 1943 se partageaient déjà le monde parce que le rapport des forces en leur faveur était imparable, même si beaucoup de souffrances étaient encore à craindre. L’analyse économique classique suggère une date: vers 2016, après 9 années de dépression. La bourse l’ anticipera comme en 1976 qui marque le creux de la déprime boursière liée à la dépression 1968 à 1981 (le Dow à 1000 en 1968, et en 1984, après un plongeon et un $ dévalué de 50%/DM et au JPY.).
Le timing ? impossible à prévoir. Car la rivalité économique pollue la prise en compte des nouveaux rapports de force entre Europe, Asie/Pacifique et USA. La classe politique des USA ne diffère guère de la nôtre par sa prescience. Mais dans les démocraties, les fondamentaux l’emportent tôt ou tard. Les optimistes sont alors récompensés. Si l’expérience économique se répète, il y aura de la volatilité jusque vers 2014. Et de bonnes affaires à faire entre temps. Surtout avec les taux bas annoncés par la Fed jusqu’en 2013.
En attendant, les entreprises internationales regorgent de cash, leurs chiffres d’affaires demeurent en hausse, leurs PER sont proches de ceux des sorties de crise entre 7 et 10, leurs décotes sur leurs actifs et leurs fonds propres sont géantes, leurs dividendes et primes de risque inégalés. Renault cote moins que la seule valeur de sa participation dans Nissan, en comptant celles dans Volvo, Daimler, Dacia, Samsung et la maison mère pour rien. Alcatel ou St Gobain augmentent leurs parts de marché et valent moins que leur trésorerie, Vivendi distribue 10% etc. Et la fin de Dexia était programmée depuis la crise des subprimes américains dont ils étaient le principal porteur comme l’a révélé la publication (sur injonction de la justice US) du recours aux guichets du TARP en 2009: ils furent les principaux emprunteurs pour refinancer leur portefeuille principalement toxique. Et dont personne ne veut, bien sur.
Rien n’exclue un nouveau krach, sur le Nasdaq comme sur le CAC. Mais commencer à investir une partie de son capital dans des actions aussi décotées, surtout bancaires, est sans doute moins risqué que d’acheter des obligations d’Etat.
La pression du monde financier sur le milieu politique s’accentue depuis Avril dernier. Elle prend maintenant une forme extrême. Celle d’un krach financier général, bourses et banques, qui doit affoler les opinions publiques. Et obliger les « dirigeants politiques » à prendre les mesures de rétablissement des finances publiques qui s’imposent. Pas besoin de théorie du complot. C’est seulement la constatation que l’endettement public est devenu insupportable. Plus personne ne veut prêter aux Etats du monde atlantique. L’Etat providence ne peut plus distribuer à crédit; il lui faut faire des choix parce qu’il doit payer au comptant. Et donc mécontenter certains lobbies.
Pour renforcer le message, la solidité des banques est mise en cause. Là, il n’ y a pas que les détenteurs d’actions qui sont concernés (une minorité); c’est tout le monde. Les média y sont utiles. Ph. Béchade raconte sur son site (Agora.fr) que Mr. Hoaxlies, canadien installé dans la Creuse a trouvé vide le distributeur de billets de la BNP dans son village; ainsi que celui du village d’à côté. Il annonce donc à un journaliste de son pays que la BNP manque de liquidités, ce qui le lendemain, se traduit par un article dans le Wall Street Journal et un effondrement du titre ! Génial, non? Ce matin, c’est Mr. Prot qui est parti chercher des pétrodollars dans le Golfe, Axa qui vend en hâte sa division private equity. Et ça ne coûte pas cher à manipuler.
Nous l’avions anticipé en Avril dernier, quand la Fed a décidé de ne plus injecter de monnaie dans l’économie. Pas de nouveau QE. Cf notre post du 18/10: les grandes banques et familles US se sont refait une santé et exigent que les finances publiques en fassent autant. L’ économie est donc laissée à elle-même, et la dépression/crise commencée en 2007 va suivre son cours normal. Elle aura donc une fin, quand l’excès d’endettement sera résorbé, comme toujours. Et c’est bien parti: les encours de cartes de crédit à la consommation diminuent fortement partout, en France(-6,6% sur 1 an) et aux USA (-12). Cela explique la baisse de la consommation. Fin du processus vers 2015 par un retour à un taux d’épargne/endettement historique et raisonnable.
Le coût social de cette politique sera moindre que celui de la fuite en avant à l’aide de la planche à billets. Les assignats se terminent toujours mal. Bien sur celle-ci est préférée par les politiques qui ont peur de se faire battre aux élections: la distribution de billets de banque est populaire et ce fut la politique de notre 4ème république recommencée en 1981. Mais l’illusion monétaire mène à la ruine des caisses de retraite et fonds de pension. Donc des vieux et des humbles qui ne savent pas s’en protéger. Et au repli de l’ épargne nationale sur les valeurs refuge, Suisse, or, placements en valeurs de pays « sérieux ». A propos: l’ Asie est devenue sérieuse…
Sauf à poser des micros dans les bureaux des dirigeants, nous ne pouvons pas savoir quand ils vont craquer. Bien sur ils finiront par craquer devant l’affolement du public; et feront le travail devant lequel ils reculent depuis 10 ans. Ils diront du mal du capitalisme et voilà tout. C’est une des limites de la démocratie: les De Gaulle, Reagan ou Churchill ne peuvent se révéler que dans les périodes grâvissimes telles une guerre; ou un risque d’ hyper-inflation comme en 1980 aux USA. Les temps ordinaires produisent plutôt des… Edouard Herriot pour ne citer que des morts.
Donc il faut leur mettre la pression. C’est en cours.
Acheter sur les cours actuels est tentant. Il y a de vraies sous-valorisations, qu’une baisse des bénéfices avec la récession ne suffit pas à justifier. On est déjà sur les PER historiques de sortie de crise, entre 6 et 10. Donc, si on peut saisir une bonne occasion quand les marchés s’effondrent, il est encore trop tôt pour sortir de notre prudence des derniers 9 mois. Les 2600 annoncés ici sont proches.
Quand même: ce n’ est pas la 1ère fois qu’il y a des attaques sur les banques. Quand la panique est finie, leurs cours se multiplient, par 30 la dernière fois pour BOFA, ou par 10 pour City. Et les grandes banques classées « systémiques » à Bâle depuis le printemps, sont désormais garanties…
Pour l’épargnant, un krach est toujours éprouvant. Le langage boursier a une expression: « les mains tremblantes ». Pour cesser de trembler, elles vendent… à des gens aux nerfs plus solides qui parient sur un avenir. Tout autre pari est d’ailleurs absurde. Il faut donc se rappeler comment on sort d’une crise de sur-endettement, qui est notre vrai problème. Il y faut du temps, mais ce n’est pas la première fois.
Essayons de distinguer les certitudes des fantasmes, pour « s’élever au niveau où les ensembles apparaissent sans préjudice des nuances » (citation). Sans philosopher ni moraliser sur la méchanceté du grand capital ou la corruption de notre temps comme si le passé avait été plus moral…
Trois certitudes :
1 : les bilans des grandes entreprise internationales de l’ industrie et des services sont sains. Elles regorgent de cash. Voyez notre post précédent. Et leurs chiffres d’affaires n’ont pas/peu souffert du retour en récession/dépression. Ca s’explique: elles ont nettoyé leurs bilans trop endettès en 2008, et leurs affaires se développent sur les zones Asie/Pacifique/océan indien, plus l’ Amérique du Sud; les USA et le Canada ne sont qu’ en crise financière et continuent à investir.
2: le consommateur est trop endetté et ne songe partout qu’à rembourser ses dettes. On le voit à la baisse du crédit sur cartes bancaires, et des engagements dans toute l’ OCDE. Normal. Les gens ont peur de perdre leur logement s’ils perdent leur emploi, et les banques sont redevenues très prudentes. Ce processus de deleveraging doit se poursuivre jusqu’au retour à des rapports traditionnels entre revenus disponibles et dettes. Le processus aboutira vers 2015. La chute de l’ immobilier US ( principal facteur de la fortune privée), et le risque de chômage ne peuvent qu’ accentuer ce retour aux sages principes de l’ économie ménagère. Après les folies des années 2000 avec ratios doubles de leur moyenne historique aux USA.
3: la vie publique dans les démocraties a été polluée par « les lobbies ». Aux USA, c’ est Wall Street par opposition à Main Street. Le montant des contributions électorales du secteur financier avait été déplafonné par Bush et les effectifs de la brigade financière (celle des cols blancs) divisés par 8. Résultat: pas une seule inculpation dans les fraudes des subprimes, alors qu’il y en avait eu plus de 10 000 en 1986 dans le scandale des savings and loans, et au plus haut niveau. La video de l’ audition de Goldman par le Sénat US aurait pu permettre au FBI de lire leurs droits à des gens importants… En Europe, même situation avec la démagogie de l’ Etat providence. Les syndicats de la fonction publique menacent de bloquer si on touche aux privilèges, cependant que l’électorat est efficacement désinformé par des medias complaisants (ex: la droite veut « démanteler » l’ éducation nationale ou la Sécu en France, les communes en Italie, c’est l’ € qui est la cause de nos problèmes etc.) Seule une pression extérieure pourra vaincre l’inertie des politiques. Celle des marchés par exemple; comme dans une guerre, l’ Espagne a déjà fait un gouvernement d’union nationale. Quand les retraites, ou les salaires des fonctionnaires seront payés en retard, l’opinion publique acceptera la réalité. Même les lobbies devront se résigner.
En attendant, les finances publiques sont précaires partout (en occident). Leur rétablissement est la priorité. La relance de la consommation par endettement public est un fantasme électoral. Voir le point 2 ci-dessus. Ce n’ est pas la mer à boire (quelques pourcent du PNB). En 1958, il n’avait fallu que 12 mois au nouveau gouvernement français pour les redresser! Heureusement, les Etats sont désormais à bout de ressources: ils ne peuvent plus emprunter davantage. Quel gérant de fond de pension voudrait-il acheter leurs nouvelles émissions ? Pourquoi le directeur financier d’une compagnie d’assurances asiatique prendrait-il ce risque? Les sicav monétaires US ne voulaient plus prêter la semaine dernière en Europe! C’est ça la pression des marchés. Et non pas les fantasmatiques gnomes de Zürich .
Conséquence: la signature des grandes entreprises vaut mieux que celle des Etats européens. Wall Street n’ a sans doute pas encore assez baissé. Mais en Europe, les PER du CAC ou du DAX sont désormais attractifs. Le timing de la fin de crise boursière est difficile (ou impossible). Nous avions annoncé 2600 à Paris. On y court. Mais il ya déjà de belles occasions pour le moyen terme sur les marchés des actions et de la dette privée. Acheter au son du canon, une vieille règle boursière.