Le soleil tourne autour de la terre…! Méfiez vous des évidences

Ils s’ accumulent. Le roll over Grec était évident et donc est un non évènement. Les agences US de notation menacent de le rejeter. Et donc, l’ € demeure attaqué. Mais ce « mépris » d’ origine US, comme les agences, est suspect: le $ est en bien pire posture. Il s’agit donc de politique étrangère et non pas d’économie. Si les ego politiques s’ en mèlent, le pire est à craindre.

1 : La BCE a commencé de hausser ses taux. Les US ne suivent pas. La Fed est coincée entre les exigences politiques du soutien de l’ emploi, et celles de soutenir le $. Depuis toujours, les divergences de politique monétaire entre les deux rives de l’ Atlantique ont entrainé des krachs. Chicago en 1987 en est un exemple classique. On en prend le chemin. Dans les mêmes conditions.

2: le soutien à l’ économie US par la planche à billets ne relance rien. L’ immobilier et le chômage restent au fond d’ un trou noir. Les investissements n’ont pas repris. Les grandes entreprises continuent de privilégier l’ emploi dans leurs filiales partout sauf aux USA. Les chiffres officiels du chômage sont douteux.

3 : Le graphique du $ contre son panier de devises et surtout l’€, annonce la formation d’un triangle. On en sort le plus souvent par un fort mouvement. Le dernier creux de la parité au début Mai avait touché 1,49. C’est aussi le plancher depuis les accords du Plazza de 1985. Passer au delà signifie l’ entrée dans des terres vierges, ce que les marchés ont le plus en horreur.

4 : Echec de plusieurs entrées en bourse: Veralia abandonné, Dia largement ravalé par le syndicat de placement. Sans compter les autres qui ne viennent même pas jusqu’ à la réunion d’ analystes. Et Facebook ? Cela démontre le peu de goût des gérants pour acheter du papier; confirmé par la faiblesse des volumes en bourse.

Pour occuper l’ attention médiatique (après la Grèce) et créer du volume sur les marchés, la propagande va nous tenir en haleine sur le relèvement du plafond de la dette US : accord ou pas entre les partis politiques ? Bien sur qu’ il y aura accord, « just in time ». Comme toujours; comme en Grèce. Mais cela ne changera rien. La reprise n’est pas encore là. Que faudra-t-il inventer pour le faire oublier ?

Et les Etats n’y peuvent rien. Comme disait Mr. Jospin à propos de la fermeture de Renault/Vilvoorde en 1997: « Je ne peux pas apporter une réponse à une question industrielle ». Cela avait choqué les socialistes et les dirigistes qui continuent à croire en la toute puissance des Etats. Au moins, c’ était honnête. Les lois naturelles de l’ économie sont invariables: les interventions politiques pour retarder les ajustements indispensables après un cycle de croissance, ne font qu’ aggraver leur coût. Et retarder la reprise qui aura lieu de toutes façons. Voyez nos posts précédents, vers 2015 : 27 ans de croissance dans le monde … ; et 9 ans de dépression. On n’ est pas encore au bout, pas plus qu’en 1975, qui fut le creux de la 1ère dépression d’ après guerre. Exemple bien connu: la relance faite par nos socialistes en 1981 avait eu pour seul résultat d’ endetter l’ Etat et de doubler le chômage par le plan d’ austérité qui suivit inévitablement (avec une dévaluation de 40% /au DM ! ) .

Entre temps, l’ inflation ne démarre pas. Car la demande des consommateurs est absente: ils remboursent leurs dettes. Les émergents commencent aussi à ralentir: la Chine, l’ Afrique du sud, l’ Inde, la Corée. Leur formidable croissance des 15 dernières années doit être consolidée. Ils se heurtent à des goulots d’ étranglement ( inflation, infrastructures, main d’ oeuvre qualifiée etc…. ). La chute des matières premières industrielles le démontre.

Seules les matières premières agricoles se tiennent, surtout celles qui sont indispensables au pain quotidien. La flambée de leur prix explique les révoltes arabes, autant que les tyrannies locales. Choquant : de gros investissements sont faits au Brésil et aux USA pour fabriquer du bio-éthanol avec du blé et du maïs. Tant pis pour les affamés, Wall Street et l’ agribusiness se portent bien. Heureusement que les allemands n’ en veulent pas pour leurs belles autos! La hausse des prix alimentaires est une catastrophe sociale. Avec des conséquences prévisibles pour l’ordre public. Partout.

Bref, toutes les conditions sont réunies pour aborder la dernière phase de la dépression en cours. Les peuples auront beau changer de gouvernements, ou descendre dans la rue, rien n’ y fera. Destruction créatrice et troubles civils, tel est le programme. Avant le retour de la croissance. Il est trop tôt pour l’ anticiper.

Ce doit être aussi le message des marchés financiers. Non seulement ils refusent les introductions. Mais les indices européens continuent à plafonner aux 2/3 de leurs niveaux de … l’ an 2000. L’analyse graphique annonce toujours qu’un nouveau plus bas est probable. Vers 3300 sur le CAC ?